Les vitamines B, on en entend parler, mais ça sert à quoi? Et la vitamine C, est-ce que c’est pour prévenir le scorbut? Est-ce grave si j’en manque?

Première chronique vidéo sur les vitamines par Jean-Yves Dionne, votre apothicaire.

Il n’y a pas longtemps, on s’est parlé d’oligoéléments. Là, ça serait le fun de se parler de vitamines.

Alors c’est quoi, des vitamines. Encore là, des vitamines sont des composés dont j’ai besoin pour être en santé, pour être en vie même, à très petits dosages. (Par contre, on va parler plus tard des dosages thérapeutiques. Ça, c’est autre chose). J’ai besoin d’avoir des vitamines dans mon alimentation. Le problème des vitamines, c’est qu’on se base sur une science qui date d’il y a plus de 100 ans. Le principal bloc de science, de compréhension date de la fin 19è, début 20è. C’est là qu’on découvre les vitamines A, B, D… Et c’est pour ça qu’on trimbale des vieilles notions comme les unités internationales (UI). Personne ne sait ce que ça veut dire… (on les utilise pour les vitamines liposolubles).

Alors, on va y aller en ordre. Commençons par les vitamines B.

Vitamines B

Il y a une collection de vitamines B : la B1 c’est la thiamine, la B2 c’est la riboflavine, etc… tous des noms comme ça qui finissent en «ine»… c’était l’époque.

Les vitamines B ont 2 caractéristiques principales :

  1. Elles sont solubles dans l’eau (hydrosolubles). Ça veut dire que votre corps ne les accumule pas. Il les élimine par le rein dès qu’il en a trop. Ces vitamines font leur job et elles s’en vont. Donc, j’en ai besoin à tous les jours.
  2. Toutes les vitamines B sont utilisées dans le métabolisme pour faire de l’énergie. À partir des nutriments, je vais les brûler et je vais faire de l’énergie.

Par contre, ces mêmes vitamines ont chacune des rôles spécifiques.

B12

Par exemple, la B12 est celle qui est utilisée pour maximiser l’efficacité des globules rouges. Si je manque de B12, mes globules se mettent à grossir : on appelle ça de l’anémie macrocytaire (grosses cellules). Et là, à un moment donné, elles sont tellement grosses qu’elles ne passent plus.

Mais avant de se rendre là, surtout si vous êtes végétalien, faites attention parce que les sources de B12 sont animales. Les seules sources végétales sont des levures. Donc, il faut vraiment faire attention d’en prendre en supplément parce que la fameuse B12, si vous n’en avez pas assez (même sans vous rendre à l’anémie), juste en dessous de ce dont vous avez besoin, plusieurs choses se produisent :

  • Vous développez des déchets qu’on appelle l’homocystéine qui va oxyder et briser partout
  • Vous avez aussi un effet à très long terme (10, 20, 30 ans). C’est le système nerveux qui mange sa claque. Et là, il y a des lésions au système nerveux qui peuvent se caractériser par de la dépression, de la démence, etc. Mais quand on est rendu là, il est trop tard, il y a des lésions. La B12 ne renverse pas les lésions, elle les prévient. Elle optimise le système.

La B12 travaille de concert avec les folates (B9) et la B6 (pyridoxine ou pyridoxal). Ces 3 vitamines ensemble sont les outils que mon corps utilise pour diminuer le fameux déchet dont je parlais, l’homocystéine. Alors j’ai besoin de toutes ces vitamines-là pour être en santé.

On passe maintenant à la vitamine C.

Vitamine C

On l’appelle l’acide ascorbique (a-scorbique), celle qui renverse ou prévient le scorbut. C’est quoi le scorbut? C’est une maladie inflammatoire. On la connait dans notre folklore québécois parce que les marins français arrivaient tous en Nouvelle-France avec des dents qui tombaient, des ulcères dans la bouche, des problèmes articulaires, etc. Ça, c’est le scorbut. Pourquoi attrapaient-ils cette maladie? Parce que, dans les mois que prenait la traversée, ils mangeaient juste du poisson salé et de l’eau salée. Alors il finissait par leur manquer quelque chose.

Et là, je vais vous compter une petite anecdote. Ce qui est très drôle, c’est que quand les Français ont contacté les Premières Nations, à Gaspé, ce ne sont pas des oranges qu’on leur a données. Ce sont des décoctions de résineux. Décoction veut dire qu’il y a eu de la chaleur, et la vitamine C brûle à la chaleur… Donc, ce n’était pas de la vitamine C qu’on leur donnait. Alors, la notion de « a-scorbique », on peut la remettre en question, mais on ne remet pas en question la notion que j’en ai besoin. Oui, j’en ai besoin, c’est la vitamine pour mon tissu conjonctif. C’est elle qui me permet d’avoir un tissu qui se tient, d’avoir des dents et des os en santé (d’ailleurs, c’est la seule allégation permise par Santé Canada).

Je vous parle des autres vitamines la prochaine fois!

Visionnez (lisez) mes dernières chroniques:

Consultez également l’article « Vitamine B12: une carence qui tape sur les nerfs » : https://www.apothicaire.ca/vitamine-b12-une-carence-qui-tape-sur-les-nerfs/

Photo de l’assiette: Дмитрий Дмитрий sur Pixabay

Photo du kiwi: Stefan Schweihofer sur Pixabay

4 commentaires

  1. Bonjour Jean-Yves
    Felicitation pour ce très beau travail de vulgarisation avec vos capsules.
    J’en suis toujours très friand !
    Question : du coup les marins français guérissaient-ils du scorbut avec les décoctions de résineux ?
    Belle journée a vous

    Guillaume Landry

    1. Bonjour Guillaume.
      C’est ce qu’on apprend dans les textes historiques. Ce sont ces mêmes informations que Masquelier a utilisées pour faire son pycnogénol.
      Santé!

  2. Merci pour toutes ces infos.
    J’espère que vous nous parlerez de la vitamine K, K2 entre autres.
    Il semble qu’elle soit importante pour fixer le calcium au bon endroit.
    Mes pharmaciennes ne la connaissent pas cependant et ne la vendent pas non plus.
    Alors j’espère bien avoir votre son de cloche sur le sujet.
    À la prochaine !

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