L’hypertension artérielle (HTA) est probablement le facteur de risque cardiovasculaire le plus important et le plus grave. En effet, si la tuyauterie du corps humain fonctionne avec une pression trop élevée, il peut y avoir des fuites (pouvant causer un AVC), des blessures des tuyaux (maladie artérielle périphérique) et une atteinte de la pompe (infarctus ou maladie cardiaque). Pour en savoir plus sur le quoi, le pourquoi et les risques de l’hypertension, lisez l’article Quand la tension monte! (https://www.jydionne.com/quand-la-tension-monte/)

L’hypertension: une maladie silencieuse

Le plus gros problème avec l’hypertension est qu’elle est silencieuse : elle ne cause souvent aucun symptôme. Alors, les gens se demandent pourquoi ils devraient prendre un médicament pour quelque chose qu’ils ne ressentent pas… Par contre, que ce soit avec un médicament ou d’une autre façon, il faut s’en occuper ou risquer d’en subir les conséquences (voir Quand la tension monte!).

J’ai déjà parlé de diverses solutions naturelles :

Alors maintenant, j’ai pensé faire un tour d’horizon des médicaments.

Médicaments pour l’hypertension

Les médicaments utilisés pour les troubles cardiovasculaires sont sous ordonnance, principalement parce que les maladies cardiovasculaires requièrent absolument un suivi médical… Les risques sont trop grands.

On regroupe les médicaments servant à traiter l’HTA en diverses catégories selon leurs mécanismes d’action.

Diurétiques

Ces médicaments agissent au rein pour augmenter l’élimination de l’eau et du sel par l’urine. Par contre, le mécanisme exact sur l’HTA n’est pas connu puisque l’effet sur la pression continue longtemps après que l’effet sur l’eau soit terminé.

Il existe plusieurs types de diurétiques, qui ont des modes d’action divers:

Les 3 diurétiques suivants peuvent augmenter la perte de potassium: furosémide (Lasix® ou générique), hydrochlorothiazide (Hydrodiuril® ou HCT générique), indapamide (Lozide®).  À long terme, il faut voir à augmenter les apports, prendre un supplément de potassium, ou diminuer les pertes en utilisant plutôt un diurétique conservateur de potassium.

Diurétiques conservateurs de potassium: triamtérène (en combinaison avec hydrochlorothiazide = Dyazide®), amiloride (en combinaison avec hydrochlorothiazide = Moduret®).

Antagoniste du récepteur de l’aldostérone (l’aldostérone est l’hormone responsable de la rétention d’eau et de sel): spironolactone (Aldactone®).

Bêtabloquants

Les bêtabloquants sont des antagonistes d’un type de récepteur à l’adrénaline. Ils agissent donc en bloquant ce récepteur. L’adrénaline est produite lors de stress et son effet est multiple:

  • augmente la fréquence cardiaque,
  • augmente la quantité de sang que le coeur pompe,
  • contracte certains vaisseaux,
  • dilate les bronches,
  • etc.

En bloquant les récepteurs de l’adrénaline, les bêtabloquants diminuent la pression sanguine et la fréquence cardiaque (plus ou moins, selon la spécificité du médicament). Ils réduisent aussi la force d’éjection du sang par le coeur.

Les bêtabloquants comprennent: propranolol (Indéral®), métoprolol (Lopresor®), labetalol (Trandate®), atenolol (Ténormin®), acébutol (Sectral®), pindolol (Visken®), sotalol (Sotacor®), etc.

Inhibiteurs du canal calcique

Ces médicaments bloquent la capacité des muscles lisses des artères d’utiliser le calcium qui sert à la contraction. Ils provoquent donc une dilatation (relaxation) des vaisseaux, une baisse de la tension et une diminution de l’effort cardiaque. Ils comprennent: diltiazem (Cardizem®), vérapamil (Isoptin®), amlodipine (Norvasc®), félodipine (Plendil®, Renedil®), nifédipine (Adalat®).

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IECA)

Les IECA agissent au rein, là où se produit le contrôle primaire de la tension (système Rénine-Angiotensine-Aldostérone). Ils empêchent le rein de fabriquer l’angiotensine 2, une molécule dont le rôle est d’augmenter la pression sanguine et de conserver le volume sanguin (utile, par exemple, lors d’une hémorragie). Dans l’hypertension, le processus de contrôle de l’angiotensine 2 est souvent déréglé.

Les IECA comprennent: bénazépril (Lotensin®), captopril (Capoten®), enalapril (Vasotec®), cilazapril (Inhibace®), fosinopil (Monopril®), lisinopril (Prinivil®, Zestril®), périndopril (Coversyl®), quinapril (Accupril®), ramipril (Altace®), trandolapril (Mavik®).

Antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (aussi appelés sartans ou ARA).

Plutôt que d’empêcher la formation de l’angiotensine, les ARA empêchent son action en bloquant son récepteur. Ces médicaments comprennent: candésartan (Atacand®), éprosartan (Teveten®), irbésartan (Avapro®), losartan (Cozaar®), olmésartan (Olmetec®), telmisartan (Micardis®), valsartan (Diovan®).

Effets secondaires des médicaments pour l’hypertension

Tout médicament peut avoir des effets secondaires. Chaque classe de médicament a des effets secondaires différents et, dans une même classe, la gravité de ces effets varie d’un médicament à l’autre, d’une personne à l’autre.

Les effets secondaires les plus fréquents sont:

  • Fatigue: C’est logique, puisque votre corps est habitué de fonctionner sous tension. En abaissant cette tension, vous pouvez ressentir de la fatigue. De plus, la fatigue peut être un effet secondaire d’une baisse de sodium. Consultez votre médecin ou votre pharmacien si la fatigue est trop grande.
  • Vertiges: Occasionnellement, en début de traitement.
  • Baisse de libido, peut-être d’érection.
  • Ralentissement des battements du cœur (attention si votre rythme cardiaque est déjà lent).
  • Insomnie

N’hésitez pas à consulter votre pharmacien si vous éprouvez un effet indésirable. Il est très important de NE PAS CESSER UN MÉDICAMENT POUR L’HYPERTENSION sauf sous conseil médical. Cela pourrait causer un retour en force de l’hypertension et vous occasionner un tort irréparable, comme un AVC.

Si vous croyez que votre médication devrait être diminuée, parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin.

Pour plus d’information sur les effets adverses, consultez:  https://sante-medecine.journaldesfemmes.fr/faq/1975-antihypertenseur-effets-secondaires

Références:

  1. Fiche Hypertension sur www.passeportsante.net
  2. https://sante-medecine.journaldesfemmes.fr/faq/1975-antihypertenseur-effets-secondaires

Image par Myriam Zilles de Pixabay

7 commentaires

  1. Bonjour Jean-Yves,

    Croyez-vous aux principes de l’alimentation dissociée et des non associations alimentaires, tel que de ne jamais mêler les glucides avec les lipides lors d’un repas comme par exemple ? Y accordez-vous tout de même une certaine crédibilité ?

    Merci à l’avance pour toutes vos réponses !

    Bonne Journée Santé !

  2. Bonjour Jean-Yves,

    Merci pour vos réponses ! Concernant l’amidon résistant, j’avais déjà lu certains articles sur le web à ce sujet lors de recherches. Mais ce que je me demande, est-ce qu’on doit faire re bouillir les pâtes une fois qu’elles ont été refroidies au réfrigérateur, ou tout simplement, leur passer de l’eau bouillie par-dessus dans une passoire ? Doit-on les laisser refroidir davantage que juste quelques heures au réfrigérateur ? C’est tout de même appréciable de pouvoir déduire environ entre 30 et 50 % des glucides totaux ! Ça, je ne le savais absolument pas du tout ! Merci pour cette information !

    Je présuppose qu’on peut faire réchauffer les pâtes au four pareillement, après qu’elles aient été préalablement refroidies au frigo ? Donc, si je vous ai bien compris, rien ne sert d’en acheter à grains entiers, si on applique cette technique ? D’autant plus que les pâtes de blé entier sont moins appétissantes au goût que les blanches traditionnelles !

    Merci encore, et Bonne Journée Santé !

  3. Bonjour Jean-Yves,

    Les nouvelles recommandations relatives à la prise quotidienne de vitamine D sont plutôt de 75 UI / kg / jour, plutôt que les anciennes de 55 à 60 UI / kg / jour. Le saviez-vous ? Ci-joint, je vous envoie le lien web pertinent à ce sujet :

    https://bnisupplements.ca/calculer-son-besoin-en-vitamine-d-en-fonction-de-son-poids/

    Il y est entre autre mentionné ceci ……. :

    ” En 2013, j’ai publié les résultats d’études plus récentes dans mon livre Gluten, comment le blé moderne nous intoxique. Cette fois, les chercheurs ont affiné leurs calculs : ils conseillent maintenant un apport quotidien de l’ordre de 75 UI par tranche d’un kilo de poids corporel, soit pour un adulte de 60 kilos, 60 x 75 = 4500 UI. ” Très Intéressant !

    Les chercheurs déconseillent aussi de dépasser une dose quotidienne de 10 000 UI dans le cadre d’une supplémentation

    Bonne Journée Santé !

    1. Bonjour Daniel
      C’est incomplet mais correct. La référence pour le 75UI/kg/jr Heaney RP, Davies KM, Chen TC, Holick MF, Barger-Lux MJ. Human serum 25-hydroxycholecalciferol response to extended oral dosing with cholecalciferol [published correction appears in Am J Clin Nutr. 2003 Nov;78(5):1047]. Am J Clin Nutr. 2003;77(1):204-210. doi:10.1093/ajcn/77.1.204 https://academic.oup.com/ajcn/article/77/1/204/4689654
      Pour obtenir 100 nmol/L comme taux sanguin, il faut en moyenne avoir 2mcg /kg ou 75/08 UI. J’ai moins même baissé ce chiffre à 50 UI pour obtenir 75nmol/L au lieu de 100, ce qui représente le consensus actuel.
      Santé!

  4. Bonjour Jean-Yves,

    Nous savons que les pâtes de blé entier sont meilleures pour la santé en raison d’un plus faible index glycémique et de la présence des fibres rassasiantes, Mais j’ai remarqué que sur les 60 g de glucides totaux d’une portion, il n’y a à mon grand étonnement que 8 g de fibres. Cela signifie donc que pour les 52 grammes restants de glucides, ce n’est que de l’amidon !

    Cela me semble encore beaucoup trop pour une personne, qui comme moi, surveille sa consommation quotidienne de glucides nets à la baisse, dans le cadre d’une alimentation de type faible en glucides ou LCHF. Comment peut-on espérer s’en tenir à une consommation de moins de 100 g / jour de glucides nets, en voulant manger des pâtes de blé entier, parce que c’est soi-disant meilleur pour la santé ……. ! ?

    Il me semble que cela aurait été plus raisonnable d’espérer soustraire au-moins 15 à 20 g de fibres alimentaires sur une telle portion, ne pensez-vous pas ? Lorsque les nutritionnistes ou les diététistes nous les recommandent, est-ce donc à dire que les effets bénéfiques de ces pâtes de blé entier sont largement surestimés par rapport à notre très ou trop grande consommation journalière de glucides de toutes sortes ? Je sais qu’à défaut du moins pire mal on devrait

    toujours se contenter de celui-ci, mais bon, la réputation surfaite de ces types de pâtes me semble nettement exagérée, surtout en tenant compte de la proportion des fibres ( à peine 15 % ) par rapport aux glucides totaux contenus dans une portion de 85 g. 52 g de glucides nets restent tout de même 52 g de glucides qui seront convertis en glucose sanguin, !

    Merci pour votre réponse toujours grandement appréciée et pour m’avoir lu !

    Bonne Journée Santé !

    1. Exact. Si on veut vraiment manger LSHF, la pâtes sont difficiles à inclure. Par contre, il existe une info qui n’est pas diffusée : L’amidon résistant. C’est à dire, les sources d’amidon, une fois refroidies, deviennent plus résistantes à la digestion par nos enzymes. Donc, l’amidon se transforme en partie en fibre soluble. Donc, on fait refroidir nos pâtes et on peu déduire quelque chose comme entre 30 et 50% des glucides (lorsque réchauffées)
      Mais ne vous fiez pas aux grains comme source de fibre 🙂
      Santé!

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