Publiée dans la revue américaine de la National Academy of Science, une récente étude montre un autre aspect négatif de cette molécule alimentaire déjà connue pour ses effets néfastes. Quelle est cette molécule? Le fructose. Pas celui qu’on retrouve dans les fruits, mais celui qui est ajouté aux aliments industriels.

Eh oui, ce sucre, qui a connu ses heures de gloire avec la recommandation de Montignac, montre de plus en plus son côté sombre. On sait déjà que le fructose goute plus sucré et qu’il réduit moins l’appétit que le glucose. On sait aussi qu’il fait plus engraisser que le glucose (https://www.jydionne.com/le-fructose-au-banc-des-accuses/); qu’il cause plus de résistance à l’insuline (https://www.jydionne.com/le-fructose-au-banc-des-accuses/) et qu’il entraine le développement du syndrome métabolique / prédiabète (https://www.jydionne.com/la-consommation-moderee-de-fructose-cause-le-developpement-du-syndrome-metabolique/).

Effets du fructose sur le cerveau

Des chercheurs de l’Université Southern California ont évalué, chez 24 volontaires, l’effet sur le cerveau du fructose, par rapport à celui du glucose. Les participants ont donc pris soit du glucose, soit du fructose (sans savoir lequel ils recevaient), puis, durant une imagerie par résonnance magnétique (IRM), on leur a fait visionner des images d’aliments riches en calories et des images non alimentaires. On leur a ensuite demandé de coter leur sensation de faim et leur désir pour les aliments.

Résultats: Le fructose est plus efficace pour stimuler les zones de récompense du cerveau (zones aussi associées à la dépendance). Il entraine une plus grande réponse au stimulus de la nourriture dans les cortex visuel et orbital frontal gauche. Il augmente la faim et le désir pour des aliments riches en calories. Le fructose peut donc altérer le comportement alimentaire vers des choix moins santé, plus caloriques et plus « obésogènes ». De plus, lorsqu’on leur a demandé s’ils préféraient recevoir une récompense alimentaire maintenant ou une récompense monétaire plus tard, les participants ayant consommé du fructose étaient plus enclins demander des aliments (gratification immédiate) que de l’argent (gratification à long terme).

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Lien avec l’épidémie d’obésité

Ce nouveau mécanisme pourrait expliquer pourquoi le début de l’épidémie d’obésité en Amérique coïncide avec l’arrivée sur le marché du sirop de maïs riche en fructose, soit le début des années 1970…

Références:

  1. Luo S, Monterosso JR, Sarpelleh K, Page KA. Differential effects of fructose versus glucose on brain and appetitive responses to food cues and decisions for food rewards. Proc Natl Acad Sci U S A. 2015 May 4. pii: 201503358. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 25941364. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25941364
  2. Sifferlin A. This Kind of Sugar Triggers Unhealthy Cravings. Times. May 4, 2015 http://time.com/3845210/fructose-sugar-cravings/

8 commentaires

    1. Bonjour Degiovanni
      les fruits, pas de problème quoique la recommandation est de 5 à 10 portions de fruits ET légumes. Donc, plus de légumes.
      Les jus de fruits par contre, devraient être limités
      Santé!

  1. Allo JY
    Ah le goût du sucre. Indépendamment du fructose, ce goût reste fort car il est généralement associé à une récompense psychologique, celle de se faire plaisir. J’essaie donc de me limiter au sirop de canne, miel et sirop d’érable (1 à 2 cat après les repas). Peut-être pas très sain, mais c’est un compromis. Bonne santé à tous !

    1. Comment différencier entre les deux fructoses, provenant des fruits ou celui ajouté?
      Je croyais que c’était le même.
      Merci

      1. Bonjour Jocelyn
        Chimiquement c’est la même chose. par contre, dans les fruits, il ne vient jamais tout seul : les oligo-éléments, les fibres, etc. nécessaire à son métabolisme sont là. Isolé, ce n’est plus la même chose.
        Santé!

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