Non, ce n’est pas une recette… C’est le résultat d’une étude effectuée à l’université de Turku, en Finlande.(1) Cette étude clinique révèle un lien entre la consommation de petits fruits (ici l’airelle, l’argousier, la myrtille et le cassis) et la fonction du foie.

En effet, des 31 femmes ayant participé à l’étude, celles qui ont reçu des aliments contenant 163 grammes de petits fruits par jour ont vu leur taux d’alanine aminotransférase [un marqueur bien connu de la stéatose hépatique (foie gras) non alcoolique (SHNA)] diminuer de 23% en 20 semaines.

Les chercheurs ont également découvert que le taux d’adiponectine (une hormone dont les taux sont inversement proportionnels aux réserves de graisses de l’organisme) avait augmenté durant le temps de l’étude.

Le mécanisme par lequel les petits fruits agissent sur la stéatose hépatique est encore inconnu, mais les chercheurs croient qu’il ne s’agit pas d’un effet antioxydant. Ce mécanisme serait plutôt relié à une réduction des marqueurs de l’inflammation.

Des recherches récentes ont démontré que le syndrome métabolique (obésité tronculaire, hypertension et dysfonction des métabolismes du glucose et de l’insuline), qui est lié à un risque accru de diabète type 2 et de maladie cardio-vasculaire, n’apparaît pas en l’absence de SHNA.

La prévalence de la stéatose hépatique est en augmentation dans la population, suivant la progression de l’obésité (environ un quart des Canadiens – selon Statistique Canada – et un tiers des Américains(2) sont obèses). En aidant à prévenir la SHNA, la consommation de petits fruits pourrait réduire l’apparition du syndrome métabolique ainsi que du diabète et des maladies cardiovasculaires qui y sont liés.

À l’opposé, comme nous l’avons mentionné dans quelques articles déjà (Le fructose au banc des accusés, La consommation modérée de fructose cause le développement du syndrome métabolique), la consommation de fructose concentré (sirop de maïs riche en fructose, sirop d’agave, etc.) augmente le taux de stéatose hépatique. Vive les super fruits d’ici… sans sucre ajouté.

Références:

1. Lehtonen HM, Suomela JP, Tahvonen R, Vaarno J, Venojärvi M, Viikari J, Kallio H. Berry meals and risk factors associated with metabolic syndrome. Eur J Clin Nutr. 2010 Mar 3. PubMed PMID: 20197789.

2. Flegal KM, Carroll MD, Ogden CL, Curtin LR. Prevalence and Trends in Obesity Among US Adults, 1999-2008. JAMA 2010;303(3):235-241.

3. Berries may reduce risk factors for metabolic disorders By Stephen Daniells, 12-Mar-2010

5 commentaires

  1. Cet article scientifique va dans le même sens que ce que j’ai observé : Quand je mange des myrtilles, cela calme les douleurs que j’ai au foie. Résultat, comme le résultat de l’échographie abdominale que j’ai réalisée en automne 2012 indiquait la probabilité d’une stéatose hépatique, j’ai commencé un régime avec des myrtilles. Et c’est vrai que je vais mieux, il y a juste le prix des myrtilles qui est cher, ici en France.

    Le site a l’air bien informé, je crois que je reviendrais.

  2. Pour renchérir sur une critique que j’ai formulée dans un précédent courriel quand à la facture par trop scientifique de vos articles…Cou’donc? C’est-tu bon ou c’est-tu pas bon et pourquoi? Appliquez le KISS principle. Keep It Simple Stupid!!! Cette phrase dont le dernier mot n’est certes pas mérité en ce qui vous concerne est un vieux principe de communication efficace. On veut savoir Où – Quand – Comment -Pourquoi. Concentrez l’information dans une formule qui contient les grandes lignes, puis élaborez pour ceux qui veulent se taper le jargon médical. Soyez à la santé ce que Sélection du Reader’s Digest est à la litérature avec un grand L.

    1. Bonjour Robert et merci pour votre critique.
      Mon problème avec votre approche KISS, que je connais, est que l’Internet regorge de ce genre d’info trop simplifiée. Le lecteur, moi inclus, finit la lecture sans avoir l’impression de comprendre ni d’avoir fait le tour du sujet. Il a simplement survolé le sujet. C’est ainsi dans la plupart des médias où on considère que ça ne vaut pas la peine de faire des textes de fond.
      C’est donc l’optique que j’ai consciemment pris : écrire des textes de fond pour ceux qui le veulent. Pas des grandes lignes.
      Je ne suis pas un journaliste et je ne me targue pas de l’être.
      Comme on ne peut pas plaire à tout le monde, je continuerai dans ma voie parce que je ne tiens pas à être un Reader’s Digest.
      Finalement, à la question : C’est-tu bon ou c’est-tu pas bon et pourquoi?
      La réponse ne peut pas être faite de généralités, mais plutôt de spécificités : Le parfum de l’un est le poison de l’autre.
      Santé!
      JYD

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