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Un verre de vin rouge pour le cœur… Le paradoxe français… (voir https://www.jydionne.com/un-verre-de-vin-rouge-cest-bien-mais-pourquoi/ & https://www.jydionne.com/le-resveratrol-une-substance-qui-a-le-vent-dans-les-voiles/) Voilà des expressions qui nous disent que la consommation modérée et régulière de d’alcool est bonne pour la santé. C’est même tellement entré dans les mœurs que les médecins le recommandent. Mais est-ce vraiment mieux que de ne jamais consommer d’alcool?

Des chercheurs de l’Université de Victoria se sont penchés sur les bienfaits et les risques de la consommation d’alcool. Ils ont procédé à une méta-analyse, c’est-à-dire une revue des études publiées suivie d’une compilation et réévaluation de toutes les données.

Pourquoi certaines personnes ne consomment pas d’alcool?

Ces chercheurs ont découvert un biais, une possibilité d’erreur qui se retrouve dans la majorité des études. En effet, les groupes qui ne boivent pas d’alcool, les abstinents, contienne 2 sous-groupes qui peuvent fausser les données: les anciens buveurs, comme les alcooliques qui ont arrêté de boire, et ceux qui ne boivent pas parce que leur état de santé ne le leur permet pas. Le mélange avec ces 2 sous-groupes peut certainement être une source d’erreur parce que si le fait de n’avoir jamais pris d’alcool peut être un indice d’une meilleure santé, le fait d’être un ancien alcoolique ou de souffrir d’une maladie ne l’est évidemment pas.

Prendre ou ne pas prendre d’alcool

En ajustant les données pour éliminer ces sous-groupes confondants, l’image de protection conférée par l’alcool change. Pour bien expliquer le tout, les chercheurs ont développé le support visuel ci-dessous.

Étude sur les effets de la consommation d'alcool

La seconde courbe de cette image représente le risque des différents degrés de consommation d’alcool en comparaison avec les abstinents, après ajustement pour les 2 sous-groupes mentionnés ci-haut. On y voit que le fait de boire 1 à 2 consommations d’alcool par jour n’apporte plus la protection présumée par rapport au fait de ne pas boire du tout. En gros, les deux sont équivalents. Par contre, à plus de 2 consommations par jour, le risque augmente.

Bref, l’argument qui supporte la promotion de la consommation régulière d’alcool vient de prendre un coup. Par contre, il faut toujours faire attention avec ce genre de données. Ici, les résultats ne tiennent pas compte du type d’alcool. Buvez-vous du whisky ou du vin rouge? Les composés autres que l’alcool dans les différentes sortes de boissons peuvent aussi avoir un impact sur la santé, comme les polyphénols du vin rouge.

Conclusion

Si vous appréciez les boissons alcooliques, faites vous plaisir… avec modération. Si vous ne les appréciez pas, ne faites pas d’effort pour en prendre.

Santé !

Références:

  1. Communique de l’Université de Victoria, Colombie Britannique, Canada: http://communications.uvic.ca/releases/release.php?display=release&id=1521
  2. Stockwell T, Zhao J, Panwar S, Roemer A, Naimi T, Chikritzhs T. Do “Moderate” Drinkers Have Reduced Mortality Risk? A Systematic Review and Meta-Analysis of Alcohol Consumption and All-Cause Mortality. J Stud Alcohol Drugs. 2016 Mar;77(2):185-98. PubMed PMID: 26997174. http://www.jsad.com/doi/10.15288/jsad.2016.77.185

 

11 commentaires

  1. D’une manière générale, qu’il s’agisse d’alcool, de lait , de vaccins et autres médicaments, l’industrie agroalimentaire “algorythmise” l’alimentation à l’aide de l’industrie pharmaceutique, et l’industrie pharmaceutique conceptualisent la médication à destination de l’industrie agroalimentaire. Qui a dit, association de malfaiteurs?

    1. Bonjour Christian
      Inoffensif… ça dépend de la dose, de la personne, de la fréquence. Comme la caféine. Il y en a dans le chocolat… même à 80% 🙂
      Dans plusieurs pays européens, les enfants ont leur verre de vin (coupé d’eau) ou de bière à table à un très jeune âge…
      Santé!

  2. Moi je dirais que c’est un peu comme le lait….tellement gros business derrière qu’on ira jamais nous dire de ne pas boire d’alcool !

    1. Bonjour Anna
      Vous avez en partie raison. Par contre, dans le cas de l’alcool, la majorité des études commence avec des observations de ce que les gens font. Ici, on évalue le risque d’une habitude de vie. Comme vous le voyez dans le graphique, la consommation régulière de plus de 2 consommations est associée avec une augmentation de risque. Ce n’est pas comme une étude d’intervention commanditée. de plus la consommation d’alcool est beaucoup plus vieille dans l’histoire de l’humanité que celle des produits laitiers. Mais vous avez raison. Il y a un business qui veut augmenter la consommation. reste à savoir où se situe la meilleure voie… Cette réponse est individuelle.
      Santé!

  3. Bonsoir Jean-Yves,

    Je n’ai jamais entendu un médecin me dire ou me demander si je prenais de l’alcool. Pourtant, j’ai une maladie chronique et je prends 2 médicaments. D’aucun, m’ont dit d’en prendre ou que c’était bon pour moi. Par contre, moi, il m’est arrivée de demander à des médecins s’il y avait une contrainte à ce que je prenne de l’alcool à cause des médicaments que je prends. Unanimement, ils m’ont toujours répondu qu’il n’y a avait aucun problème. Cela m’a toujours intriguée. Car, je n’ai jamais entendu parler d’études sur la prise de médicaments et des effets secondaires possibles, que ce soit à court, moyen ou long terme. Je me demande toujours sur quoi il se base. Je pense à mon conjoint qui a le Parkinson et prend plusieurs médicaments (6) par jour et qui prend sa bière quotidiennement. À un autre moment, il va boire du vin (2), ou un verre de dry gin. Je connais plusieurs personnes avec différentes maladies importantes et qui ne se pose même pas la question à savoir s’il pourrait avoir des répercussions à prendre de l’alcool. Moi, je suis inquiète.

    Les gens dans les médias en parle comme si tout le monde pouvait en prendre également, sans conséquence, sans distinction. Moi, je ne suis pas d’accord. Le gros bon sens me dit qu’il faut être prudent et vigilant même si des gens nous disent que c’est bon pour la santé !

    Merci !

      1. Bonjour Marie-Claude
        Je ne comprends pas votre précaution. Si vous consommez une banane très mure, vous consommez de l’alcool. Si vous consommez des teintures de plantes médicinales, vous prenez de l’alcool. Votre intestin et votre foie produisent de l’alcool quotidiennement. Il ne faut pas démoniser cette substance qui fait partie de l’humanité depuis que la civilisation existe. Par contre, les excès, ça, c’est une autre histoire.
        Santé!

        1. Bonjour Jean-Yves,

          Sans parler d’excès, et comme vous le faites remarquer dans votre article, je pense qu’il est judicieux de ne pas comparer l’alcool produit par une banane, par un intestin ou un foie, avec celui d’une boisson qui contient en plus d’autres substances interactives, le plus souvent anti-nutritionnelles.
          Santé!

    1. Bonjour Jacqueline
      En fait, vous avez raison. certaines conditions et certains médicaments seront affectés par la prise d’alcool. Dans le cas de la maladie de Parkinson et de ses médicaments, l’impact de l’alcool est négligeable. Si M. prend des calmants pour l’anxiété, ces médicaments et l’alcool ne font pas bon ménage. Par contre, les médicaments pour la maladie comme telle pas d’interaction significative.
      Santé!

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