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C’est ce qu’on lit dans le site extenso.org. Pourtant…

Comme la plupart de ceux qui cherchent à dédramatiser l’alimentation (ce qui est louable en soi, mais pas toujours approprié), extenso mentionne deux études sans en donner les références. Il est donc difficile de vérifier la pertinence des informations qui sont transmises. C’est malheureusement le cas de plusieurs articles d’informations qu’on retrouve sur Internet ou dans d’autres média. L’article d’extenso apporte-t-il une information validée ou une opinion non fondée?

L’article compare le sirop de maïs riche en fructose au saccharose (sucre blanc). On y affirme que les deux substances sont identiques parce qu’elles sont constituées de glucose et de fructose et que, à court terme, les effets sur la glycémie et la plupart des paramètres usuels ne sont pas différents d’une source de sucre à l’autre. Jusque là, c’est vrai. On oublie seulement de mentionner les différences majeures entre les deux produits. Le saccharose est constitué de 50% de glucose et de 50% de fructose chimiquement liés. Le sirop de maïs riche en fructose (HFCS), un produit issu d’une technologie enzymatique développée dans le début des années ‘70 aux États-Unis pour lutter contre l’importation massive de sucre de canne, contient du glucose et du fructose libres dans une proportion de 45% glucose et 55% fructose. Il faut aussi spécifier que la notion de court terme est ici très importante: quelques jours de consommation de ce sucre ne font pas une grande différence, mais à plus long terme…

Comme je le mentionne dans Le fructose au banc des accusés, l’effet du fructose est très différent de celui du glucose. Un sucre hydrolysé contenant du fructose sous forme libre (vs chimiquement lié) et en plus forte concentration (55% vs 50%) est plus néfaste. Certains répondent au premier point que le corps ne fait pas la différence parce que le saccharose est rapidement scindé en deux par les enzymes digestives. Peut-être bien, mais laissez-moi émettre certains doutes… Lisez d’abord Le fructose au banc des accusés puis revenez lire ce qui suit:

En effectuant une petite recherche de mon côté, j’ai relevé deux études récentes (1,2) qui vont dans le sens de l’article d’extenso. Ces études sont toutes deux commanditées par un grand joueur dans le dossier du HFCS, l’International Life Sciences Institute. Serez-vous surpris si je vous dis que cet institut de recherche est en fait un bras de lobby financé par des compagnies qui ont un léger intérêt dans le dossier des édulcorants, du sucre et du HFCS (comme Adams [gommes à mâcher], Coca-Cola, Danone, Kellogg’s, Kraft Foods, Monsanto, PepsiCo et Procter & Gamble, pour ne nommer que celles-là)?

Il est toujours curieux de voir que, lorsqu’un groupe de chercheurs indépendant publie une étude annonçant un effet potentiellement dangereux du sucre, du HFCS ou des édulcorants synthétiques, il ne faut généralement pas attendre longtemps pour que plusieurs autres études viennent affirmer le contraire…

Ceci dit, le seul conseil utile et vraiment santé que je puisse vous donner au sujet des sucres est le suivant: tenez-vous le plus loin possible des sucres ajoutés et des édulcorants, quels qu’ils soient. Une boisson gazeuse n’est pas et n’a jamais été un aliment santé…

JYD

Références:

1. Angelopoulos TJ, Lowndes J, Zukley L, Melanson KJ, Nguyen V, Huffman A, Rippe JM. The effect of high-fructose corn syrup consumption on triglycerides and uric acid. J Nutr. 2009 Jun;139(6):1242S-1245S. Epub 2009 Apr 29.

2. White JS. Misconceptions about high-fructose corn syrup: is it uniquely responsible for obesity, reactive dicarbonyl compounds, and advanced glycation endproducts? J Nutr. 2009 Jun;139(6):1219S-1227S. Epub 2009 Apr 22.

3 commentaires

    1. Re bonjour Yuma, décidément, vous êtes prolifique… 🙂
      Le stévia, complet, demeure un des édulcorants les plus intéressants sans aucun doute. Par contre, personnellement, je trouve que nous sommes devenus très infantilisé dans nos goûts et recherchons beaucoup trop le goût sucré. Parlez-en à quelqu’un qui a fait l’effort de couper le sucre. Il vient un temps où tout est trop sucré.
      JYD

  1. Bonjour JY,

    Merci pour ton blogue qui nous améne toujours plus loin.

    J’ai relu ton article sur le fructose. Est-ce qu’il en existe d’autres études ou c’est juste la seule qui démontre assez facilement que le fructose fait prendre plus de gras viscéral et abdominal que le sucre blanc ? Car je trouve ce tableau assez révélateur concernant le fructose versus le sucre blanc.

    Le lien avec la faim aussi doit être mis en évidence. Dans le livre toxic, l’auteur mentionne que la surconsommation vient du fait que les aliments contiennent du fructose et que cela a changé depuis qu’il ont mis du HFCS dans les boissons gazeuses. Les gens en boivent plus et plus.

    Ma question, est la suiviante, est-ce que tu penses que les gens dans l’étude, ont bu plus de liqueur contenant du fructose versus l’autre groupe ? Car si le problème est que le fructose dérègle le signal de satiété, qu’il ne vient pas, tu en bois sans fond donc en bout de ligne, tu as le résultat de prendre du poids, d’augmenter tes triglycérides, le gras viscéral… Qu’en penses-tu ?

    Car je comprends la différence, un stimule l’insuline, l’autre pas. Mais est-ce qu’en bout de ligne on en mange plus lorsqu’on donne aux animaux des aliments en fructose idem chez l’humain? Car si tu lis la liste des ingrédients, il y en a partout du fructose…

    Des sucres qu’on peut suggérer aussi sont des purées de fruits, de prunes ou de dattes. Mettre moins de sucre, nous habitue à n’en manger moins. Comme ceux qui mettent du sucre dans leur café, il faut calculer 21 jours pour l’aimer sans sucre. C’est une habitude à prendre que de couper la moitié de sucre dans ses recettes de desserts.

    A quand le marketing pour les pommes déshydratées, les bleuets déshydratés, les fraises déshydratées, les betteraves déshydratées vendus en poudre ou en morceau pour ajouter un peu de valeurs nutritives, de saveurs et de sucre dans nos recettes. Entouré de ses oligonutriments, on aurait le meilleur des mondes si consommés avec modération. Mais le fruit nature demeure toujours le meilleur choix.

    Merci Jean-Yves pour tes blogues que le lis tous jour après jour…

    Beau travail !

    Marise, nutritionniste

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