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Le débat sur les gras saturés est loin d’être terminé. Récemment, je vous ai parlé d’une nouvelle compréhension des gras saturés (Les gras: un peu, beaucoup ou pas du tout?) qui montre que ces derniers ne seraient pas si mauvais que ça. En fait, la leçon qu’on peut tirer du débat sur le statut des gras saturés est que le monde médical au sens large a généralisé les effets d’un nutriment au lieu de considérer les aliments en cause. C’est une tendance marquée de la médecine occidentale: on préfère travailler avec les molécules uniques plutôt qu’avec les aliments complets trop complexes. Ainsi, au lieu de démoniser les gras saturés, il eut été plus pertinent de se pencher sur la source de ces gras. On aurait alors constaté que les gras saturés cuits, d’origine animale et/ou oxydés sont généralement néfastes, mais que les saturés d’origine végétale, comme ceux de la noix de coco ou du chocolat, sont soit neutres, soit bénéfiques pour la santé. D’ailleurs, il est bien documenté que manger beaucoup de viande est néfaste pour la santé. Par contre, on ne peut pas démontrer que la consommation de produits laitiers, une des sources importantes de gras saturés, entraine une augmentation des maladies cardiaques. On ne peut pas non plus dire qu’elle a un effet protecteur.

Les instances de santé publique (FDA, Santé Canada), au lieu de s’attarder à distinguer les aliments pour donner un message clair au consommateur, ont plutôt dénoncé les gras saturés et recommandé de les couper.

La réponse des compagnies alimentaires « à l’américaine » à cette annonce a été de créer des aliments allégés en gras. La très grande majorité de ces fameux aliments faibles en gras est fabriquée en remplaçant les gras, ou une partie de ceux-ci, par des agents épaississants. Mais que sont donc ces agents épaississants? Ce sont différents types de glucides, comme des amidons modifiés. Les aliments allégés sont effectivement plus faibles en gras, mais beaucoup plus riches en glucides!

Résultats? La population n’est pas en meilleure santé cardiovasculaire, mais l’obésité et le diabète battent tous les records, au point d’être maintenant reconnus comme des épidémies!

Quoi faire?

C’est ce qu’un panel de chercheurs internationaux a voulu mettre au clair. Voici leurs conclusions:

Remplacer les gras saturés par des polyinsaturés est documenté pour améliorer la santé. Par contre, remplacer ces gras par des glucides est néfaste pour la santé.

Ces chercheurs demandent aux instances de santé publique de changer le discours et de parler aliments plutôt que nutriments. Pour bien faire passer un message de diète santé au sens large, les guides alimentaires américain et canadien ne s’y prennent pas de la bonne façon. Il faut baser ces guides sur des aliments spécifiques et non sur des catégories de nutriments. Qui est capable, à part un(e) nutritionniste diplômé(e), de calculer l’apport en gras de sa diète? Si on vous demande de réduire votre apport en gras saturés à moins de 15%, comment ferez-vous et comment saurez-vous si vous avez atteint l’objectif visé?

Pour vous et moi, il est beaucoup plus facile de comprendre ce message s’il est axé sur les aliments spécifiques à éviter et à privilégier.

Les auteurs notent cependant qu’il y a encore plusieurs étapes à franchir avant de pouvoir faire ce genre de recommandation puisque la recherche n’est pas suffisante pour supporter des aliments spécifiques. Donc, plus de recherches sont nécessaires pour répondre à ces interrogations. En plus des limites que les chercheurs ont identifiées, j’en vois aussi d’autres beaucoup plus humaines et/ou corporatives. Les guides alimentaires, tels qu’on les connaît, sont des compromis entre la science et les bénéfices pour la population d’un côté, et les intérêts corporatifs alimentaires de l’autre.

Références:

1. Communiqué de presse sur l’étude: http://www.foodnavigator-usa.com/Science-Nutrition/Saturated-fat-and-heart-disease-risk-Expert-panel-perspective/?c=OJJAu7O20qgAjdFLfQy%2B%2Fw%3D%3D&utm_source=newsletter_daily&utm_medium=email&utm_campaign=Newsletter%2BDaily

2. Astrup A, Dyerberg J, Elwood P, Hermansen K, Hu FB, Jakobsen MU, Kok FJ, Krauss RM, Lecerf JM, Legrand P, Nestel P, Risérus U, Sanders T, Sinclair A, Stender S, Tholstrup T, Willett WC. The role of reducing intakes of saturated fat in the prevention of cardiovascular disease: where does the evidence stand in 2010? Am J Clin Nutr. 2011 Apr;93(4):684-8. Epub 2011 Jan 26. PubMed PMID: 21270379.

7 commentaires

  1. ben la c est un peux idiot( pour l industrie ) , car ayant du cholestérol on contrôle les sucres dans le sang ( qui ce transforme en cholestérol ) .

    pour ma part je consomme des produis de matière première ( non transforme ) ou transforme par moi même 🙂

    réapprendre a s alimente prend du temps ( et une certaine connaissance )mais cela faux le coup ( pour le corps et la sante )

    bnn fêtes

  2. Jean-Yves,
    Je trouve un peu contradictoire que vous affirmiez que les gras saturé d’origine végétale (comme l’huile de coco) peuvent être bénéfiques pour la santé, pour quelques lignes plus bas suggérer que remplacer les gras saturés par des gras polyinsaturés (« Remplacer les gras saturés par des polyinsaturés est documenté pour améliorer la santé »). Une personne qui consomme beaucoup d’huile de coco serait porté à comprendre que vous lui recommandez de remplacer ce gras par des gras polyinstaturé.

    1. Bonjour Nathalie,
      Je n’affirme rien du tout. Je rapporte ce que les autorités prétendent. Tout en montrant que la science n’est pas aussi claire que ce qu’ils prétendent. D’ailleurs, à peu près le seul endroit où on s’entend est l’erreur d’avoir remplacer les gras par des glucides. Tout le reste est sujet de débat – apparente contradiction! D’où le titre avec le point d’interrogation. En passant, merci pour les références sur la vitamine D.
      Santé!

      1. Vous avez raison Jean-Yves, j’avais mal lu. En effet, il est spécifié dans votre texte que ce sont là les conclusions des chercheurs, et non les vôtres.

  3. Intéressant Jean-Yves, merci beaucoup. Parlant de produits laitiers, pourriez-nous nous dire ses effets en général sur la santé et aussi sur le cancer du sein, le type qui est sensible aux hormones, p.e. HER2+ (hormones, « growth-factors », …).
    Merci, on adore vos articles!
    Annick Fournier

  4. Parlons aliment, le lait, pr lequel l’industrie a réussi la création d’une catégorie spécifique, les produits laitirers! non seulement comme les vaches (prtt des ruminants) ne mangent plus d’herbe mais des touteaux de soja ou mais, de l’ensilage (mais fermenté, merci le foie pr les vaches avec l’alcool) le gras est omega 6 et non plus omega 3 (ce qui serait en effet un grand bénéfice), mai sen plus entre la caséine (protéine à chaine longue très inflammatoire, pr ttes les affections ORL ds le cs de la caséine) et le lactose, auqeul on ajoute un traitement UHT (si le lait est « cru », il y a en plus de bonnes chances qu’il ne soit ps industriel = pas d’herbe) le corps a tt à y gagner à se passer de ces produits laitiers. rappel : le calcium, c’est un bon apport de vitamine D (Soleil) et les fruits et légumes, fruits secs… (plus que suffisant). Trop de calcium, très néfaste par aileurs. Et les légumes verts, « basiques », aident à désacidifier le corps (mileu acide = décalcification!).

  5. Salut

    J’achète ce commentaire, comment puis-je évaluer le gras?

    équilibre et harmonie, manger quand c’est bon, que ça goûte bon et

    auj., plus de légumes, moins du reste avec petit dessert…

    bye

    l’été s’en vient, j’adore la crème glacée non le lait glacé mais le yogourt glacé aussi, une petite chronique sur ce sujet ??? des trucs ?

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