Ce n’est pas la première fois que j’en parle, le tour de taille est un facteur de risque indépendant des autres. On sait déjà que plus le tour de taille augmente, plus le risque de maladies cardiovasculaires s’accentue. La nouveauté dans les résultats de la dernière étude de Archive of Internal Medicine est que l’expansion du tour de taille serait aussi associée à un accroissement notable des risques de maladies de toutes sortes qui, elles, augmentent le risque de mortalité.

Ainsi, un homme de plus de 50 ans ayant un tour de taille de 47 pouces et plus (120cm), peu importe son IMC (indice de masse corporelle), aura 2 fois plus de risques (202%) de mourir prématurément qu’un homme en ayant un de 35 pouces (90cm). Chez les femmes, un tour de taille de 43 pouces et plus (110 cm) est associé à 2,36 fois plus de risque (236%) de mort prématurée qu’un de 29 pouces (75 cm).

Vous constatez bien que les valeurs de références utilisées dans cette étude pour le tour de taille normal (35 pouces pour les hommes et 29 pour les femmes) sont tout à fait … normales! Pas d’extrême ici. Pas de valeur «idéale» non plus. Par contre, les valeurs élevées sont très élevées, mais passablement fréquentes dans nos environs.

Donc, indépendamment du poids et du pourcentage de gras, la bedaine (qui dénote un surplus de gras abdominal) est un signe de mauvaise santé. Le gras abdominal ne se comporte pas de la même façon que les autres tissus adipeux du corps. Il génère plus d’inflammation et est associé plus étroitement au syndrome métabolique (voir La consommation modérée de fructose cause le développement du syndrome métabolique.) Ces caractéristiques font qu’il est impliqué dans la genèse de bien d’autres conditions pathologiques.

Comment prévenir?

Comme le gras abdominal est très intimement lié à la consommation de sucres et de féculents (incluant la bière…), il ne tient qu’à nous de prévenir son apparition ou de le réduire.

À bon entendeur, salut!

Référence:

Jacobs EJ, Newton CC, Wang Y, et al. Waist Circumference and All-Cause Mortality in a Large US Cohort. Arch Intern Med. 2010;170(15):1293-1301

8 commentaires

  1. Bonjour,
    Je souffre depuis un an et demi d’ostéoporose sévère (j’ai perdu 8 cm de taille, dont 4 en 4 mois). Par ailleurs on m’a diagnostiqué une sarcoïdose.
    Je mesurais donc 1.62m et pesais 60kg. Quand mes vertèbres ont commencé à fracturer, j’ai perdu 5kg. On m’a traité par injections de Forstéo pendant un an et voilà que j’ai repris ces 5 kg. Le problème c’est que je ne mesure plus qu’1.54m.
    Comme mon thorax est diminué, les organes se trouvent repoussés vers l’abdomen.Ma taille prend de l’ampleur et on me dit que je souffre de stéatose (foie gras).
    J’ai l’impression d’avoir une alimentation équilibrée mais quel est le rôle du métabolisme dans tout cela? (vitamine D-1.25 augmentée, même chose pour les GGT et les phosphatases alcalines).
    En dehors d’un peu de marche à pied, je ne peux pas faire de sport, c’est trop risqué pour moi.
    Alors auriez vous des conseils à me prodiguer?
    Merci pour votre réponse

    1. Bonjour Lysiane
      La première chose à faire est de limiter les causes de la stéatose : les sucres surtout le fructose. Vérifier votre alimentation pour en éliminer le plus.
      Ensuite, augmentez votre apport en oméga 3, en supplément sera plus facile. Ciblez 2 000 mg par jour.
      Question activité physique : la musculation est votre meilleur amie. Commencez doucement mais comme il n’y a pas de choc et beaucoup d’effet sur la solidité des os, ça aide énormément.
      Santé!

  2. Bonjour M.Dionne.

    J’ai une petite théorie sur les problèmes de poid. Une théorie pessimiste si on peut dire. Voilà : J’ai lu quelque part que lorsque nous engraissont le corps crée de nouvelles cellules et ces cellules bien nourries se gonflent. Par la suite, lors d’un régime ces nouvelles cellules ne disparaissent pas, elles se dégonflent seulement. C’est ce qui explique qu’il soit quasiment pas possible de maigrir puisqu’aussitôt que nous faisons un écart à notre diète, voilà que ces cellules se regonflent de nouveau.

    J’en suis rendu à penser qu’il n’y a que la “lipo” qui puisse avoir du succès.

    Est-ce que cette théorie est fondée ?

    1. Bonjour Jacques,
      C’est à moitié vrai.
      En fait, oui, les tissus graisseux contiennent des cellules souches qui peuvent se développer et augmenter le nombre total de cellules. Il est aussi vrai qu’une personne qui a un surplus de poids important et qui le perd trop vite aura des tissus en trop. Le corps prendra beaucoup de temps pour les résorber et, la plupart du temps, il le ne fera pas de façon parfaite.
      Par contre, la réalité est beaucoup plus complexe que ça. On doit remonter à la periode prépubère pour véritablement expliquer ce que vous décrivez. La prise de poids importante avant la puberté (et je ne parle pas du gain de poids normal juste avant la puberté) est associée à une augmentation importante du nombre de cellules. Ces cellules ne disparaîtront pas, ou difficilement. Si la prise de poids arrive à l’âge adulte, alors ce sont les cellules existantes qui grossissent et non leur nombre qui augmente.
      Le problème du poids qui ne cesse de revenir est dû beaucoup plus au métabolisme basal trop bas qu’à n’importe quoi d’autre. D’où l’importance de ne pas affamer le corps. Il faut changer les habitudes alimentaires vers une alimentation basée principalement sur les aliments riches en nutriments (légumes verts par exemple), en protéines et le plus faible possible en sucres et féculents. De plus, la meilleure façon d’augmenter le métabolisme est de développer la masse musculaire par l’exercice. Au risque de sonner comme un coach de gym, les poids et altères restent les meilleurs outils.
      Santé!
      JYD

  3. Merci pour ce rappel.

    Je fais partie de ceux qui insistent pour rappeler que le tour de taille a souvent plus à voir avec le mode de vie que l’alimentation, à proprement parler.

    Par exemple, une personne qui marche au travail, matin et soir, a plus de chances de rester (un peu) plus mince que celui qui doit endurer des heures dans les bouchons de circulation, aux heures de pointe — le fait de bouger donne un bon coup de main à ceux qui veulent conserver un poids-santé.

    Se pourrait-il qu’une personne ayant un plus fort tour de taille emmagasine davantage de toxines, dans ses tissus adipeux, qu’une personne plus mince? Ça pourrait contribuer à expliquer, au moins en partie, les divers dangers de maladie ayant trait au tour de taille.

    1. Bonjour Claude,
      Tout à fait d’accord. Le billet ne se veut pas une culpabilisation, mais plutôt un rappel que ce type de gras est beaucoup plus néfaste que le reste. Vous mentionnez l’accumulation de toxines. C’est probablement vrai. En voici un autre : Le gras abdominal peut aussi être relié au taux de stress. En effet, on constate qu’un taux de cortisol plus élevé augmente la prise de poids abdominal et, pire, empêche la perte.
      Bref, le poids et le surpoids ne sont pas une affaire de balance (pèse-personne). C’est beaucoup plus que ça.
      Santé!

      1. Très intéressant comme commentaire car moi j’ai vécu beaucoup de stress ces dernières années et j’ai accumulé du gras autour de la taille. Également je suis en pré-ménopause. Il m’est plus difficile de perdre du poids. Malheureusement bien des personnes jugent sans savoir et se limite à la balance….

        1. Bonjour Clarisse,
          Nous vivons une époque où l’image corporelle est dictée par les médias et se base sur une image impossible de maigreur.
          Le gras abdominal est difficile à perdre. Par contre, en diminuant les féculents et les sucres, il est possible de le réduire.
          Santé!

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