Cliquez ici pour écouter la table ronde à laquelle j’ai participé sur ce sujet le 18 juin 2012 à L’après-midi porte conseil.

Notre système de maladie

Le système de santé du Québec va dans la mauvaise direction. Il ne s’occupe pas de santé, mais bien de maladie.

1-    Depuis les années 1970, la porte d’entrée du système est l’hôpital. Les urgences bondées sont un symptôme de l’erreur que cela constitue. Il y a trop de généralistes dans les hôpitaux et pas assez dans les cliniques, là où ils seraient plus accessibles à la population. Pourtant, je ne suis pas convaincu qu’il y ait pénurie de médecins. Je pense plutôt qu’on ne prend pas les moyens pour les rendre accessibles. Deux millions de québécois n’ont pas de médecin de famille, ce qui est une absurdité. Le ministère de la santé pense-t-il épargner sur les salaires des médecins de cette façon? Pense-t-il que, si la porte d’entrée du système est trop petite ou trop bondée, moins de malades se présenteront? Malheureusement, les malades ne diminuent pas en nombre, mais comme ils ne sont pas soignés aux premiers symptômes, ils arrivent à l’urgence en pire état!

2-    On n’investit que de petites sommes en prévention, éducation et conscientisation. Abram Hoffer, un psychiatre de la Côte Ouest disait: «Le système de santé est comme une baignoire qui fuit et qui déborde. Nous avons les plus grands spécialistes pour boucher les fuites, mais personne ne pense à fermer le robinet!» On le sait, notre état de santé dépend à 65% de nos habitudes de vie. Une once de prévention vaut… combien de traitement?

3-    Malgré des budgets toujours déficitaires et en augmentation perpétuelle, notre société ne se paie pas UN hôpital haut de gamme à Montréal, mais TROIS (CHUM, McGill et Ste-Justine). Trouvez l’erreur!

4-    Ce n’est pas la création de nouvelles structures administratives, comme les groupes de médecine de famille, qui nous assurera un accès plus rapide à des soins de première ligne et un suivi de qualité.

La santé est une démarche…

Individuelle, elle passe par une conscience du coût de nos actes quotidiens. Chaque acte est soit neutre, soit un investissement dans notre futur, soit un prélèvement dans notre capital santé.

Sociale, elle repose sur la responsabilisation de nos gouvernements face à la santé publique. La science, même partielle ou émergeante, nous montre les dangers de la pollution, des perturbateurs hormonaux, des additifs divers, du néfaste food, etc. De nombreux problèmes de santé sont en augmentation:

–       Les taux de cancers, surtout hormono-dépendants, atteignent des sommets.

–       La fertilité masculine baisse de façon catastrophique.

–       On découvre de nouvelles maladies: fibromyalgie, sensibilité chimique multiple et/ou environnementale, hypersensibilité électromagnétique, allergies de toutes sortes, etc.

–       L’obésité, le syndrome métabolique et le diabète touchent plus de personnes que jamais.

La compréhension des méfaits de la charge toxique (polluants, additifs, etc.) sur la santé des humains et de leur environnement devrait être le moteur de politiques beaucoup plus agressives pour à la fois promouvoir des industries propres et améliorer les conditions de vie de nos concitoyens. Nos gouvernements ont le devoir de limiter, voire bannir les additifs douteux de l’alimentation et les substances nuisibles pour l’environnement. Pourtant, les politiques subventionnent les pollueurs et les marchands de malbouffe et mettent des bâtons dans les roues de ceux qui osent s’y opposer (notre cher premier ministre, M. Harper, a annoncé que les groupes écologistes qui «pensent et disent le contraire de ce que prône le gouvernement» perdront leur subventions).

Nos gouvernements n’ont ni la volonté politique, ni le courage de lutter contre les industriels, investisseurs dans la caisse politique, qui font des milliards au détriment de la santé des peuples de la planète. Pensez simplement à l’incurie des industriels coupables des déversements pétroliers (bitumineux ou autres) lorsqu’il s’agit de nettoyer.

L’avenir de la santé

Force est de constater que le pipeline pharmaceutique provenant de la chimie médicinale est vide. Il l’est depuis la fin des années 1980. Demain est l’époque du biologique (biologique dans le sens de structures biologiques, comme des anticorps ou des cellules souches, par opposition au chimique, comme les médicaments) et des traitements sur mesure. Mais ces traitements coûtent encore plus chers que les médicaments! Les cellules souches et les anticorps représentent peut-être l’avenir, mais seulement pour les riches. De plus, j’ai un peu peur du syndrome de Superman (on peut faire n’importe quoi, on s’en sortira) qui risque d’accompagner ces traitements. Si un malade cardiaque ne modifie pas les habitudes de vies ayant causé sa pathologie, ces traitements lui donneront quoi? Quelques années de survie? À quel coût? Bref, je garde mes réserves par rapport à l’engouement pour ces traitements.

Les grandes corporations pharmaceutiques ou productrices de machines de test cherchent toujours à augmenter leurs parts de marché. Pensez simplement aux campagnes de promotion pour des tests de dépistages de telle ou telle maladie. Ces grandes corporations en sont rendues à inventer des maladies dans le but de vendre leurs traitements, traitements qui font parfois plus de tort que de bien… (voir Des médicaments à vie pour les bienportants?, Des tests, toujours plus de tests! et Carences nutritionnelles induites par les médicaments)

Sur une note plus positive, l’augmentation des recherches (quantité et qualité) sur les produits non brevetables (comme les huiles de poisson, mais aussi les approches alimentaires, les exercices, l’acuponcture, etc.) est à mon sens très prometteur. Ces produits et techniques sont des outils d’amélioration de la santé ET de traitement de la maladie qui sont beaucoup plus accessibles et démocratiques. La tendance vers la documentation des produits non brevetables va de pair avec la volonté des individus de se prendre en main et de ne pas devenir une statistique dans le système de maladie.

Selon moi, deux facteurs jouent un rôle déterminant pour l’avenir de la santé:

1-    L’évolution de la conscience des individus: un nombre grandissant de personnes comprend l’impact de ses habitudes de vie. Ces personnes améliorent leurs habitudes (alimentation, activité, tabagisme, hygiène de vie, etc.) et prennent le contrôle et la responsabilité de leur santé.

2-    L’accessibilité accrue de l’information.

Grâce à ces facteurs, un nouveau client des soins de santé a vu le jour dans les années 1990. Ce client est beaucoup plus informé; il choisit son thérapeute; il n’accepte pas que le médecin décide de ce qui est bon pour lui. Il veut obtenir l’information du spécialiste pour ensuite décider lui-même du cheminement à suivre. Il est plus sceptique par rapport au traitement et demande à être convaincu par des arguments factuels et non émotionnels. C’est un comportement déstabilisant pour le praticien, mais c’est une très bonne chose. Ce nouveau client est d’ailleurs le principal agent de changement du système de santé parce qu’il exige des alternatives efficaces, des choix thérapeutiques.

Il ne faut pas attendre après nos gouvernements pour donner un coup de barre vers la santé. C’est à chacun d’entre nous de se renseigner, de se prendre en main et d’exiger des options santé. À la longue, peut-être verrons-nous les lieux de soins de santé (cliniques médicales, hôpitaux, etc.) intégrer les approches dites alternatives aux approches dites conventionnelles (ce genre de pratique a déjà commencé à apparaître dans d’autres pays et, ici, dans quelques cliniques). Nos gouvernements se décideront peut-être alors à instaurer un cadre législatif qui permette au patient de choisir, encourage la compétence des praticiens et ne fasse pas la chasse aux sorcières sur de faux prétextes.

Santé!

JYD

17 commentaires

  1. Bonjour Jean-Yves

    Je vois de plus en plus d’articles “bio” à mon marché d’alimentation.

    Je sais que l’Épicerie trouve souvent que le Choix du Prés est mieux que les autres produits présentés. Qu’en est-il de leur yogourt grec, yogourts et autres bio ???

    Merci et bon mois de juillet, espérant qu’il soit un peu plus frais, pour moi….

    1. Bonjour Claudette,
      Personnellement, pour les yogourts, j’évite les “sans gras”. Je préfère les aliments complets. À ce chapitre, le yogourt grec est… bien bon 🙂
      Santé!

  2. Bonjour JY

    Je suis en train de faire du rattrapage de lecture de vos articles si intéressants, mais là, vous m’avez fait plaisir. Vous avez écrit tout haut ce que de si nombreuses personnes pensent et qui vivent d’impuissance pour s’exprimer. Comme d’autres lecteurs ici l’ont fait remarquer, n’y a-t-il pas moyen de faire publier cet article dans “protégez-vous” ou quelque chose qui continuerait à réveiller les gens ?
    Bien qu’il y ait un certain réveil et conscientisation, c’est un peu décourageant d’en voir la lenteur quant de l’autre côté, les pollueurs de conscience font tout pour nous endormir et surtout faire semblant sur leurs emballages de dire que c’est “vert” quand c’est souvent faux. Bref, merci d’être là et non, ne faites pas de politique, car là vous serez restreint pour vous exprimer. Vous apportez énormément de bienfaits à plusieurs d’entre nous et ceux qui vous lisent sont de plus en plus nombreux. Bravo encore à vous et à votre courage d’expression.
    hélène

    1. Bonjour Hélène et merci beaucoup,
      Ne vous en faites pas. L’intérêt est là pour la politique, puisque c’est la seule arène ou l’on peut se battre. Mais vous ne m’y verrez pas de si tôt. J’ai trop de choses à faire.
      À tous mes lecteurs, vous pouvez toujours prendre mes textes pour les republier ailleurs tant que la référence au site et à l’auteur est complète. Plus on en parle, plus de gens seront informés.
      Santé!

  3. Bonjour,
    J’ai reçu le message message ci-dessous concernant une plante miracle. J’aimerais bien avoir votre opinion sur cette plante, un de ces jours.

    “La Moringa. La plante miracle.
    L’hôpital au Minésota aux Etats-Unis expérimente la Moringa depuis deux ans pour les femmes enceintes, les mères ont plus de lait et le lait plus riche en protéines pour les bébés, et les bébés ont moins de reflux .
    Les mères et leurs bébés se rétablissent deux fois plus rapidement
    Elle est calmante et relaxante aide à dormir
    Elle a 36 propriétés anti-inflammatoires,
    qui atténuent l’inconfort, régénère les muscles et cellules
    Et 46 propriétés antioxydantes,
    qui rajeunissent les cellules
    Balance les hormones et beaucoup plus.
    Il y a de la sérotonine pour la bonne humeur.
    Elle est consommable par tous les groupes d’âge,
    (femmes enceintes, mères allaitantes, bébés, personnes âgées, etc.).
    Elle est utilisée pour maigrir, vaincre la malnutrition et des problèmes de santé. 100% naturel. Contient plus de 90 nutriments,
    Elle est connue comme remède pour plus de 300 problèmes de santé.
    Vous pouvez regarder la vidéo pour les bienfaits de la plante Moringa
    http://www.ltdnow.co

    1. Bonjour Denise,
      Je connais cet arbre. Il est très intéressant pour subvenir à la nutrition dans les pays où la famine règne, comme la région du Sahel (juste au Sud de Sahara). Par contre, il ne faut pas voir là une plante miracle. Oui, c’est de la bonne nutrition, mais ici, elle devient exotique, coûteuse et n’apporte finalement pas beaucoup plus qu’une alimentation variée de qualité.
      Dans votre premier exemple, on parle de femmes enceintes… de quel niveau socio-économique?
      Bref, attention aux messages qui proviennent des compagnies de marketing à réseau ou paliers multiples.
      Santé!

  4. C’est très bien tout cela,mais ceux qui vous lisent sont déjà convaincus.Il faudrait que les médecins lisent ce texte en prennent conscience et que cela se traduise dans un changement de comportement dans leur pratique….Je rêve du jour où la presciption sera:30 minutes de marche par jour et pour le repas:poulet sans la peau,poisson,légumes et fruits.Mais il est plus facile de prescire des pilules.
    Quant à notre ministre de la maladie,il vit sur une autre planète

  5. Je partage totalement votre opinion, je n’aurais pû m’exprimer mieux.
    J’aime beaucoup vos articles toujours pertinents que je partage.
    Merci

  6. Bonjour,

    Je crois que le Parti Québécois devrait vous récupérer afin de relancer notre système de santé, BRAVO.

    Ceux qui vous lisent comme moi, répandent les idées de remettre en place notre système de vie.

    Médecin, vétérinaire, sont devenus mercantiles comme les plus grands profiteurs. On oublie le côté humain comme j’ai connu nos médecins et nos vétérinaires.

    Oui, faut-il une révolution pour mettre en dehors des bureaux des politiciens les représentants des professions, des pharmaceutiques, des commerçants qui se fichent de ce qu’ils vendent, que la bouffe soit bonne ou mauvaise.

    Oui, le carré rouge représente la gauche, on décide que l’éducation doit être gratuite pour tous, mais la santé est devenue à deux volets et les riches se sauveront, vivront plus longtemps en santé .

    Nous devons avoir une politique de gauche pour le bien-être des citoyens.

    On remettra sur la bonne voie des professionnels qui penseront comme vous et comprendront la détresse de ceux qui ne peuvent payer, faute de ressources, de moyens pour pouvoir refuser les produits poisons que nous retrouvons de plus plus sur les tablettes.

    amicalement

  7. Le changement est obligatoire. S’il n’est pas voulu, il nous sera imposé par la force des choses. Le genre humain est long à la détente, mais il est aussi ingénieux. Nous finirons par nous déterminer.
    Vos mots sont des encouragements.

  8. Le positif qui ressort de cette histoire en apparence plutôt triste et nébuleuse, c’est l’ouverture des consciences et le pouvoir individuel. Au même titre que le bio qui s’accroît dans les grandes chaînes de super-marchés, il faut croire en la demande qui finira bien par créer l’offre! Informons-nous, toujours! C’est stimulant de vous lire, j’ai envie de continuer de promouvoir les meilleures habitudes pour moi et autour de moi, d’oeuvrer POUR la santé et d’encourager/boycotter certaines compagnies (en espérant que cela influence un jour ce “gouvernement” sur qui on ne peut pas trop se fier pour se soucier de nous, en ce moment).
    Merci de VOUS en soucier.

  9. Je suis tellement en accord.. c’est ce que je me dis tous les jours… quoi faire pour que ça change? Tout est question d’argent et c’est payant la maladie on dirait…. c’est triste et affreux….

  10. WOW, quel bel article !!!

    Tout à fait d’accord avec vous. Même si on fait attention, comment trouverons-nous un md de famille ? et que dire des étudiants en médecine qui trouvent l’université trop difficile et trop long…

    J’ai constaté que l’urgence est une bonne porte d’entrée lorsque nécessaire.

    Heureuse de vous retrouver à l’antenne, je m’ennuyais de madame Dominique Poirier.

    Bonne semaine !!!

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