Les Américains sont bons premiers…

Les citoyens américains sont mal pris. La société américaine est une des plus riches au monde, mais cette richesse est loin de se refléter sur la santé et la longévité de sa population. Un rapport alarmant, rédigé par le Comité sur la population (Committee on Population [CPOP]) et le Conseil sur la santé de la population et les pratiques en santé publique (Board on Population Health and Public Health Practice [BPH]), a été publié dans un immense volume par la National Academies Press. À l’aide des statistiques de l’OMS, de l’UNICEF et des divers gouvernements, ces deux organismes ont dressé un portrait peu flatteur de leur pays en le comparant aux 16 autres pays les plus riches : Allemagne, Australie, Autriche, Canada, Danemark, Espagne, Finlande, France, Italie, Japon, Norvège, Pays Bas, Portugal, Royaume Uni, Suède et Suisse.

Des 17 pays comparés, les États-Unis arrivent bons premiers pour les mortalités toutes causes. Leur taux de mortalité ajusté selon l’âge est de 504,9 par 100 000 habitants, comparé à 401,2 au Canada et à 397,7 en France (consultez le graphique interactif publié par la National Academy: http://sites.nationalacademies.org/DBASSE/CPOP/DBASSE_080393#deaths-from-all-causes). De plus, l’état de santé des Américains, durant toute leur vie, est moins bon que celui des habitants des autres pays. Les États-Unis et le Danemark sont les deux pays où l’incidence de maladies chroniques non contagieuses (incluant le diabète et les maladies cardiovasculaires) est la plus haute. De tous les pays comparés, ce sont aussi les États-Unis qui ont le plus haut taux d’obésité (voir aussi Le tour de taille tue!).

En 2007, l’UNICEF a comparé la santé des enfants dans 21 pays: les États-Unis arrivent 21e.

L’espérance de vie des Américains est aussi dans les moins bonnes. Un homme vivant aux États-Unis peut s’attendre à vivre 3,7 ans de moins qu’un Suisse.

Et si ce n’était que ça…

Ce sont aussi les Américains qui ont le record des homicides ET des accidents de la route des pays comparables. Les décès causés par la violence y sont 3 fois plus élevés que ceux du pays qui arrive en second (la Finlande).

De plus, le système de santé (ou de maladie) y est le plus cher au monde. Les médicaments ont l’avantage d’y être disponibles, mais c’est aux États-Unis qu’ils sont les plus dispendieux.

À choisir, je préfère une baguette, un bon fromage et un vin rouge, à table dans un petit café au Canada, en France ou ailleurs, à un Big Mac, un Coke et une frite, dans une auto aux États-Unis.

Santé!

 

Référence:

U.S. Health in International Perspective: Shorter Lives, Poorer Health (2013)

7 réflexions au sujet de « Les Américains sont bons premiers… »

  1. Lucien Tremblay

    Ceci est principalement dû à l’industrie très forte de la nourriture industrielle.

    Il est cependant vrai que sans le système de santé privé, ce serait tout le reste du monde qui en souffrirait. Sans bons incitatifs commerciaux pour développer de nouveaux traitements ou de nouveaux médicaments, ou même de meilleurs suppléments nutritionnels, ce serait l’innovation du monde entier qui en souffrirait. C’est en grande partie cette attitude commerciale et cet état plus petit et moins restrictif Américain qui finit par profiter au monde entier. Un très grand nombre des produits qui nous apportent des bienfaits ont été rendus possibles grâce aux politiques américaines.

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  2. Jacques Cardinal

    Bonjour,

    J’approuve entièrement le commentaire de Lucien Tremblay. C’est le paradoxe américain. Les USA sont capable du pire et du meilleur. Certains malheureusement ne tiennent en compte que le pire. Nous devrions tenir pour compte que la santé du monde et en particulier la longévité des citoyens de cette planète s’est grandement accrue en bonne partie grâce aux américains. Les USA ont démocratisé la science et l’accès à la science ce qui a donné un essor formidable au développement de médicaments et de chirurgies qui sauvent des vies partout sur la planète.

    Ça c’était pour le bon côté des choses. Du côté du pire il faut comprendre que le mode de vie actuel des américains est en train de leur faire prendre un méchant recul. Je fais confiance en leur capacité de réagir et de se prendre en main. En tous cas, ils ont pris conscience du problème, nous verrons ce qui se produira dans les prochaines décennies. En ce qui nous concerne il faut éviter de faire les mêmes erreurs qu’eux.

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  3. Spécialiste de l'éphémère

    L’écart entre les riches et les pauvres grandissant… ça ne va pas améliorer les choses.

    Pour surfer sur votre conclusion; je préfère un repas à ma table, avec des convives et du bon vin, et une bonne heure pour savourer le moment, à un repas rapide au resto.

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  4. Christian

    je suis presentement en Floride (Fort Lauderdale)… vacance soleil 10 jours… Je peux constater l’ecart entre riches et pauvres… BMW, M-Bens, Audi pleuvent ici… bateaux prives a faire evanouir… demeures demesures… mais venont au sujet qui nous interesse… bouffe et lifestyle… encore une fois, des epiceries pour les pauvres et d’autres pour les riches… ecart entre gens poids sante et poids a rendre malade (y des gens maigres ici qui ont l’air encore plus malade que les gens obeses) s’accentue…

    Mais on constate qu’il y a un vent sante qui provient de la Californie… Les epiceries des riches dont je parlais se multiplie ici aux USA. Ce sont les « whole Foods Market ». Une veritable mine d’or pour qui veut avoir un style de vie eco-responsable. Legumes, fruits, noix, graines, algues… Qualite, fraicheur et choix exemplaire. De plus, il y a des farmers market qui naissent un peu partout. Des petits bijous… Un entre autre: Josh’s Organic market a Hollywood… avec son super Juicy Bar…

    Je realise que dans les pays ou la malbouffe est bien installe (en fait elle est en train de s’installer solidement dans plusieurs pays), ce sont ces memes pays qui sont en mesure de nous offrir de la bouffe haute gastronomie eco-responsable. Et les USA sont la preuve vivante.

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    1. JYD Auteur de l’article

      Bonjour Christian
      Bonne Vacance 🙂
      Vous avez raison. Le problème, que vous constatez, est que les personnes capables de s’en sortir (par leur revenu, par leur éducation, par leur conscientisation, etc.) ont les moyens de ne pas succomber au fleuve de la malbouffe. Par contre, les moins biens nantis et tous ceux qui n’ont pas ce qui faut (peu importe le niveau) n’ont pas accès à tout ça. C,est grave ici. C’est pire aux États-Unis.
      Mais oui, il y a de l’espoir. Les mouvements végétalien, crudivore, etc. sont très forts.
      Santé!

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