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Vous avez certainement entendu parlé de l’indice de masse corporel ou IMC. L’IMC est le rapport du poids sur la grandeur. Puisque le poids d’une personne augmente normalement en fonction de sa taille, cet indice permet de comparer le poids des personnes, peu importe leur grandeur. L’IMC sert à déterminer où commence le surpoids et où se situe le poids santé. On calcule l’IMC selon la formule suivante:

IMC = poids(kg)/taille(m)2

Santé Canada, de même que plusieurs organisations, ont classé les IMC en fonction du risque de développer des problèmes de santé. En effet, on sait que les personnes obèses ou trop maigres ont plus de risque de développer des maladies que les personnes ayant un poids santé. L’IMC étant basé sur des statistiques, il faut se garder de juger uniquement selon cette valeur. Cet indice aide à prévoir les risques de maladie dans un portrait global qui inclut l’alimentation, la condition physique, le taux de stress, etc. D’ailleurs, les athlètes ont un IMC plus élevé que les non-athlètes de stature semblable simplement parce que leur masse musculaire est plus forte que celle de la majorité des gens.

Classification du risque pour la santé en fonction de l’indice de masse corporelle

Classification Catégorie de

l’IMC (kg/m2)

Risque de développer

des problèmes de santé

Poids insuffisant < 18,5 Accru
Poids normal 18,5 – 24,9 Moindre
Excès de poids 25,0 – 29,9 Accru
Obésité, classe I 30,0 – 34,9 Élevé
Obésité, classe II 35,0 – 39,9 Très élevé
Obésité, classe III >= 40,0 Extrêmement élevé

Santé Canada : http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/nutrition/weights-poids/guide-ld-adult/bmi_chart_java-graph_imc_java-fra.php

Quel est l’IMC santé?

Comme vous pouvez le constater dans le tableau ci-dessus (extrait du site de Santé Canada), on considère que l’IMC santé se situe entre 18,5 et 24,9. De nouvelles données viennent cependant remettre en question cette évaluation et mettre un baume pour les personnes dites en «excès de poids».

Dans le magazine scientifique réputé JAMA (Journal de l’association médicale américaine), des chercheurs ont compilé et ré-analysé les données des études qui établissaient un lien entre l’IMC et le risque de décès, toute cause confondue. Ils se sont concentrés sur l’effet présumé de l’obésité et du surpoids sur le risque de mortalité. Pour comparer les données, ils ont établi le risque de décès des gens ayant un IMC normal (18,5-24,9) à 1 (un résultat inférieur à 1 signifie donc que le risque est inférieur à celui des gens ayant un IMC normal). Leurs résultats démontrent que le risque de mortalité est augmenté pour les obèses, peu importe la classe, ce qui est conforme aux attentes. Par contre, j’ai été surpris de constater que le risque n’est pas augmenté chez les personnes ayant un embonpoint (IMC 25,0 à 29,9). Il est même réduit! En effet, le risque de mortalité des personnes de cette catégorie est de 8% inférieur, en moyenne, à celui des personnes ayant un poids normal (IMC 18,5 à 24,9). Pour les personnes de 65 ans et plus, ce risque est réduit de 10%.(1)

Sans faire l’apologie du surpoids, en particulier au lendemain des Fêtes, cette recherche nous montre que, encore une fois, les derniers kilos «à perdre» ne sont pas aussi nocifs que présumés. Il importe d’avoir de saines habitudes vie, mais se concentrer sur le poids n’est peut-être pas la meilleure façon. La culpabilité qui découle du fait de ne pas atteindre ses objectifs de poids, nous l’avons dit à maintes reprises, est contreproductive. Mieux vaut se sentir bien, quitte à avoir quelques kilos en trop selon les canons esthétiques en vigueur, que d’être obsédé par sa balance. D’ailleurs, cette dernière devrait être remisée au placard. Il est beaucoup plus important de vous demander comment vous vous sentez…

Santé!

 

Référence:

  1. Flegal KM, Kit BK, Orpana H, Graubard BI. Association of All-Cause Mortality With Overweight and Obesity Using Standard Body Mass Index Categories, A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA. 2013;309(1):71-82. doi:10.1001/jama.2012.113905 (texte complet accessible gratuitement).

9 commentaires

  1. étude en effet très intéressante mais à pondérer en fonction de la nature et répartition du surpoids. En effet, l’étude précise que si le surpoids est localisé dans la ceinture abdominale : danger au contraire ! en revanche une bonne paire de fesses serait protecteur ! nous ne sommes pas égaux devant l’embonpoint non plus
    Ce point avait d’ailleurs été signalé sur ce même blog : mesurer sa taille plus que monter sur la balance au fond

  2. je suis agée de 80 ans, en juillet 2012 j’ai travaillé à l’estérieur dans le jardin pendant 3 mois. En juin je pesais 150 livres et mesure 5pieds 1 pouce. En septembre je pesais 120 livres. Depuis je ne prends que 2 repas par jour – soit un déjeuner copieux (céréales, au moins 5 fruits et une poignée de noix. Le diner que je prends vers 3:30 heures est aussi assez copieux soit du poisson, soit du poulet, soit de la viande en dépassant pas 3 onces et je m’assure que j’ai au moins 4 à 5 légumes plus une salade. Et c’est tout jusqu’au lendemain. En faisant du yoga 1 fois semaine au moins, je me tiens en forme et garde ce nouveau poid à 120 qui est excellent. Le seul inconvénient: J’ai du renouvellé ma garde-robe
    🙂

    1. Bravo Lucille,
      Vous êtes la preuve qu’il n’est jamais trop tard.
      Santé et longue vie! Puissent le bonheur et la santé vous accompagner à chaque pas de votre vie.

  3. Bonjour,

    Je suis nutritionniste et je ne cesse de répéter à mes clients en surpoids que leur poids n’est pas LE seul marqueur d’une santé optimale. (Dans le jargon des nutritionnistes, nous parlons de plus en plus de poids naturel que de poids santé!) Cette étude, qui vient appuyer mes dires et d’autres études de ce genre, viendra peut-être diminuer la culpabilité de certaines personnes. En ce qui concerne les personnes de 65 ans et plus, de nombreuses études ont démontré qu’un IMC se situant entre 27 et 30 est l’intervalle le plus protecteur pour ce groupe d’âge. Ce serait entre ces intervalles que la personne âgée serait le moins à risque d’être malade ou de vivre des complications ou un décès lors d’une hospitalisation. Finalement, tout cela pour dire que l’IMC est un outil parmi tant d’autres pour évaluer la santé d’un patient et qu’il faut être capable de l’analyser, de prendre en considération ses limites (âge, composition corporelle, personnes de petites tailles…) afin de l’utiliser avec le gros bon sens!

  4. Chez les personnes âgées, un petit surpoids est préférable à la maigreur. On parle d’un petit surpoids et non d’une obésité morbide ! Il existe de nombreux exemples de personnes que j’ai connues qui était bien portante et qui ont vécues longtemps. Le danger d’une obsession du poids est que cela devienne une maladie mentale qui finit par gâcher l’existence.

  5. Merci, ça commence bien l’année… j’ai lu cela ce matin, il se peut que ce soit démenti d’ici peu aussi, on est habitués maintenant à des changements de cap…

    Disons que ça fait mon affaire, il reste que les bourrelets, c’est pas très joli et c’est difficile de se vêtir, car avec l’âge, le bas du corps s’arrondit et on fait des vêtements pour des tailles parfaites….comme c’était mon cas, déjà……

    Comme monsieur J-Y D répète, la modération, se servir de notre intelligence et SANTÉ !!!

    Bon début d’Année !!!!

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