Vous l’avez entendu dans les médias. Vous m’avez peut-être entendu répliquer: je ne suis pas d’accord avec la directive de l’Ordre des pharmaciens. Commençons par un bref historique de la situation.

Depuis le 1er janvier 2004, Santé Canada a implanté une réglementation pour encadrer la fabrication, la distribution et la vente des produits de santé naturels. La mise en œuvre de cette réglementation devait s’échelonner sur une période de 6 ans, soit jusqu’au 31 décembre 2009. Il faut savoir que la Direction des produits de santé naturels (la DPSN – l’autorité qui s’occupe de tout ce qui a trait au règlement sur les produits naturels) avait affirmé ne pas vouloir retirer les produits du marché, mais bien les évaluer pour leur donner (ou non) une approbation via un numéro d’enregistrement, le NPN (numéro de produit naturel). Le retrait ne serait nécessaire qu’en cas de refus. D’ailleurs, le rôle de la DPSN «… consiste à s’assurer que la population canadienne ait un accès rapide à des produits de santé naturels sécuritaires, efficaces et de grande qualité, tout en respectant la liberté de choix ainsi que la diversité philosophique et culturelle.»(1)

Mais voilà, il y avait environ 60 000 produits distincts sur le marché et la DPSN n’a pas réussit à livrer la marchandise. Près de 17 000 produits sont encore en attente de leur homologation à cause des lourdeurs et incapacités administratives du système d’évaluation de la DPSN.

La DPSN a annoncé depuis un certain temps déjà que la période intérimaire se prolongerait jusqu’à la fin juin (et selon certains, jusqu’à décembre 2010). Le problème est que ces annonces ne sont pas inscrites dans la réglementation qui, elle, n’a pas changé. DONC, les produits non approuvés sont techniquement dans l’illégalité.

Il ne s’agit pourtant pas de produits dangereux! Les compagnies ont fait leurs devoirs: les dossiers sont déposés à la DPSN, et celle-ci a promis de ne pas retirer les produits qui sont en traitement…

Arrivent l’Ordre des pharmaciens (http://www.opq.org/) et l’Association nationale des organismes de réglementation de la pharmacie (http://www.napra.org/pages/home/default.aspx). Ces derniers, avec raison, ne sont pas satisfaits de la DPSN. Ils veulent faire pression pour activer le système et les forcer à livrer la marchandise. Dans tout ce débat, il y a une question d’image! Si un journaliste à la recherche d’un scoop en arrivait à la conclusion que les pharmaciens vendent des produits illégaux, l’image des pharmaciens serait, encore, ternie. Donc, l’OPQ et l’ANORP attaquent en premier. Ils ont pourtant été passablement tranquilles dans le dossier de la DPSN, se bornant à un rôle d’observateur.

Le geste qu’ils posent, si bien intentionné soit-il, prend en otage une industrie fragile constituée de petites entreprises dont le chiffre d’affaires moyen se situe en deçà de 2 millions. Donc, des compagnies qui n’ont que très peu ou pas de marge de manœuvre. L’implantation de la réglementation leur a déjà coûté très cher, et voilà que, pour nombre d’entre eux et malgré qu’ils se soient conformés, les points de vente privilégiés leur sont interdits. À moins que la situation ne se corrige rapidement, la seule option qu’il leur restera, sous peu, sera de fermer. Un point c’est tout.

Pourtant, leurs produits ne sont pas plus dangereux aujourd’hui qu’ils ne l’étaient en 2009. Ils deviennent, bien malgré eux, les victimes d’une guerre opposant l’ANORP et l’OPQ à la DPSN.

Pour une fois, serait-ce trop demander de mettre la logique de guerre et de clan politique de côté pour penser au long terme et au bénéfice réel de la population plutôt qu’à l’image sacrosainte des organismes?

Vraiment, le département des produits de santé naturels est-il plus dangereux pour la population que celui des boissons gazeuses et de la confiserie?

Santé!

JYD

Référence:

1- http://www.hc-sc.gc.ca/ahc-asc/branch-dirgen/hpfb-dgpsa/nhpd-dpsn/index-fra.php

9 commentaires

  1. Merci Jean-Yves pour ces informations bien pertinentes, comme d’habitude. Cette situation est préoccupante et j’espère qu’un brin de bon sens trouvera son chemin dans toute cette histoire.

    (soupir un peu découragé)

    Isabelle

  2. sujet medicament . comment se fait -il que le tamoxifene est interdit par sante canada pour la prevention du cancer du sein et pourquoi le donne -t-on en traitement, qui peut me renseigner , pour moi c, est pareil j, aimerais trouver un produit naturel qui ferait le memme travail Merci bonne journee Nicole

    1. Bonjour Nicole
      Vous avez raison, le tamoxifène, comme d’ailleurs la plupart des médicaments, n’est pas indiqué pour la prévention primaire des cancers. À quoi servirait de prendre un médicament pour s’attaquer à une maladie qui n’est pas là?
      La prévention primaire se fait par des habitudes de vie, en particulier la diète et l’exercice.
      Lorsqu’on parle de prévention secondaire, c’est-à-dire après que la maladie soit détectée, traitée ou non, le médicament spécifique peut agir sur la cible des cellules de cette maladie. Dans le cas du tamoxifène, un antioestrogène, il agit sur les récepteurs oestrogène et les bloque. Si le cancer du sein n’a pas de composante hormonale, alors ce n’est pas un choix de traitement.
      Au niveau des produits naturels qui ont un effet préventif du cancer du sein, les phytoestrogènes sont en tête de peloton.
      Avant d’acheter un produit quelconque, commencez par augmenter tous les types de légumineuses (pois, pois chiche, fèves, soya, lentilles, etc.) dans votre alimentation. La graine de lin est aussi quelque chose à inclure.
      Les oméga 3 de poisson sont utiles.
      Diminuez les viandes rouges, les sucres raffinés, les farines blanches, les additifs alimentaires (tant que possible), les fritures.
      Mangez bio et augmentez les fruits et légumes bio; mettez des épices dans vos aliments (comme le curcuma, le poivre, l’ail, les piments, etc.). Et pourquoi pas du thé vert.
      Voilà, ce sera plus efficace qu’un produit spécifique même si ce n’est pas une garantie, vous mettez toutes les chances de votre côté.
      N’oubliez pas non plus les exercices physiques qui réduisent le risque de cancer.
      Santé!
      JYD

  3. Les pharmaciens ne sont que des comptoirs de vente pour les géants de l’industrie pharmaceutique mais comme ils sont aussi des commerçants, ils ont flairé la bonne affaire avec les produits naturels car un nombre de plus en plus grand de gens font attention à leur santé, d’où les comptoirs entiers de produits naturels au milieu d’un océan de produits chimiques basés sur des molécules isolées.

    Il ne fait aucun doute que les comptoirs de produits naturels s’en viennent trop grands pour être ignorés et sans grande surprise, ça dérange royalement la très controversée industrie pharmaceutique mais ils ne sont pas seuls à pleurer en cachette car il y a aussi les médecins qui vont faire moins d’argent si les gens demeurent en santé!

    Autrement dit, le duopole médico-pharmaceutique a tout intérêt à (1) tuer l’industrie des produits naturels, qu’importe le moyen et à (2) garder les gens aussi malades que possible, en les empoisonnant (plus ou moins vite) ou encore, en restreignant l’accès aux produits susceptibles de les guérir (versus les “traiter”, dans le sens de “traiter les symptômes sans guérir la source du mal”).

    Quiconque suit le moindrement du monde l’actualité sait que la direction de Santé Canada lèche les bottes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), un “spin-off” de l’ONU, l’organisme bureaucratique de contrôle planétaire (voir “le nouvel ordre mondial”).

    Puisque Santé Canada ne nous sert plus, nous, les citoyens mais bien les transnationales, souvent étrangères, du complexe médico-pharmaceutique, il ne faut pas se surprendre que leur structure bâtarde identifiée par l’acronyme “DPSN” soit un échec cuisant et qu’il provoque l’indifférence à peu près totale de la “grosse gomme” de “Maladie-planifiée Canada”.

    En tant que citoyens, il faut exiger que la pleine gamme des produits naturels qui nous intéressent soient sur les tablettes de notre pharmacie favorite, “or else”…

    Les produits naturels contiennent des molécules entières et souvent, une gamme complète de minéraux et d’enzymes, en boni. Dans les médicaments génériques, on retrouve des molécules brevetées et isolées qui agissent d’une manière tellement étroite sur notre système qu’on peut se questionner sur leur réelle utilité, malgré l’effet sur les symptômes visibles qui donne l’impression d’une amélioration de la condition d’une personne qui en consomme.

    Enfin bref, ce n’est pas anodin, cette histoire.

    La guerre contre notre santé, mené ouvertement par l’élite mondiale (allez lire le Codex alimentarius, si vous avez un peu de temps) passe par la destruction de tous nos accès aux produits qui sont réellement bons pour nous afin de les remplacer par des drogues et d’autres poisons neuro-toxiques (comme le sucre raffiné, par exemple).

    Si votre pharmacien ne respecte pas votre choix de demeurer en santé, il ne mérite pas que vous l’encouragiez, pour quoique ce soit.

    Tenez-vous debout devant une suite d’actions plus ou moins concertées parce que nos ennemis se cachent derrières des montagnes de projets de règlementation et des barrages de bureaucratie anti-humaniste pour justifier leurs crimes contre l’humanité.

    Pour les maîtres du monde, l’idéal, c’est d’avoir accès à une nombre quasi-illimité d’esclaves endettés et continuellement sur le point de verser dans la maladie afin de les garder dépendants du système malade qui les a justement conduit à ce triste état.

    Si vous êtes encore en santé, c’est que vous vous tenez loin de ces vampires alors continuez ce que vous faites et encouragez les producteurs de produits naturels.

    1. Je vous félicite pour votre clarté, Monsieur Gélinas. J’appuie totalement votre point de vue.
      D’ailleurs, je suggère que le nom de “pharmacie” revient au magasin qui vend des produits pharmaceutiques exclusivement… et que les pharmaciens se souviennent de leur vocation première !

  4. Quel découragement que tout ces débats,
    il y a quelqu’un à quelque part pour qui les produits naturels dérangent “royalement”

    Mais laissons les gens qui se donnent la peine de prendre en main leur santé, de se la réappropriée. Ils s’instruisent, s’informent et se documente et leurs conclusion et bien les plantes, produits naturels etc…fait une différence sur notre santé, en s’occupant du terrain de base.
    le reste, les médicaments, sont là lorsqu’il y a urgence et ou un incontournable pour une maladie “x”
    mais si on s’occupe de soi, notre terrain et bien on a pas besoin de ces médicaments
    alors voilà où cela dérange les organismes et autres compagnie,,,,si on prends des produits naturels pour un mieux être et bien on aura de moins en moins besoins de leur “béquilles” sous forme de médicaments
    j’en suis un exemple, il y a quelques médicaments dont je ne suis plus dépendante et j’en suis heureuse d’avoir pris ma santé en main. Et j’enseigne la même chose à mes enfants, à la visite annuelle chez le pédiatre il reste toujours surpris que l’on a pas eu de consultation de l’année , ni dans des cliniques d,urgence …
    vive les produits naturels et la liberté de choix,
    restons solidaire sinon il nous arrivera la même chose qu’en Europe

  5. Bonjour Jean-Yves,

    Un sujet ‘chaud’ qui nous ‘refroidit’ tous, consommateurs de produits de santé naturels.
    Lorsque j’entends les mots ‘charlatans’ pour qualifier les petites compagnies de produits naturels qui croient solidement aux vertus de leurs produits et qui désirent à la source le bien-être du consommateur, on ne peut en dire autant de tout ce qui s’étalent sur les tablettes de nos pharmacies.
    Ces produits ont pourtant bien leur place sur les tablettes tant qu’il y aura un volume suffisant de consommateurs satisfaits pour les acheter.

    Combien d’années les cigarettes sont-elles
    restées sur les tablettes des pharmacies sans que personne ne s’en préoccupe?
    Effectivement celui des confiseries et des boissons gazeuses ne préoccupe pas encore trop de gens.

    Merci de nous éclaircir sur l’historique de cette histoire …à suivre.

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