Pesticides interdits : pourquoi faire marche arrière?

Pesticides

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Quand des pesticides sont interdits, ce n’est pas pour le plaisir de compliquer la vie des producteurs. C’est parce qu’il y a de bonnes raisons de les retirer. Le récent projet de loi C-30 a pour but de permettre le retour de substances qu’on a déjà jugées trop néfastes pour être maintenues sur le marché. Mais pourquoi donc?

Lutte antiparasitaire vs santé publique

L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada est régulièrement critiquée pour sa permissivité. Plusieurs substances demeurent autorisées ici alors qu’elles sont déjà interdites ailleurs. Ce n’est pas un détail administratif, c’est un véritable problème de santé publique.

On a souvent l’impression que le réflexe dominant est de protéger le modèle industriel avant de protéger les citoyens. Alors on minimise les risques, on rassure à la hâte, puis on demande au public d’avoir confiance. Or la confiance ne se décrète pas. Elle se mérite, et certainement pas quand on fait passer les intérêts de certains groupes avant la santé de tous.

Le glyphosate, symbole d’un malaise plus large

Le cas du glyphosate (RoundUp) illustre bien cette dérive. Plutôt que de réduire l’exposition à la source, on a augmenté le seuil tolérable pour que le système continue de fonctionner comme avant. (Voir aussi Pesticides: un règlement qui ne protège pas) C’est précisément ce genre de logique qui alimente la méfiance du public.

Et cette méfiance n’est pas irrationnelle. Les préoccupations entourant certains pesticides touchent notamment les perturbations endocriniennes, les effets neurotoxiques et les expositions chroniques. Non, tout ne se réduit pas à une relation de cause à effet unique et simpliste. Mais oui, les signaux sont suffisamment sérieux pour qu’on cesse de jouer à l’autruche. (Voir aussi La maladie de Parkinson causée par des pesticides?)

Nourrir, pas rendre malade

La santé humaine ne commence pas dans une salle d’hôpital. Elle commence dans les sols, dans l’eau, dans les aliments et dans l’environnement quotidien. Si l’on accepte de banaliser l’exposition à des substances toxiques ou suspectes, il ne faut pas ensuite être surpris devant la montée de certains problèmes de santé à long terme.

On entend souvent que l’agriculture n’a pas le choix. Je n’y crois pas. Il existe d’autres façons de produire, d’autres modèles agronomiques, d’autres stratégies de gestion des cultures. Et surtout, il existe une responsabilité fondamentale: nourrir la population sans la rendre malade.

Enjeux économiques

Marc Carney nous parle d’impératifs de développement économique. Mais est-ce réellement profitable d’autoriser ou de réintroduire au Canada des substances bannies ailleurs? Est-ce que ça ne peut pas nuire à nos exportations, à notre crédibilité et à nos marchés. À une époque où le Canada veut ouvrir de nouveaux marchés et consolider sa présence à l’étranger, est-ce raisonnable? À tolérer l’intolérable, on fragilise notre propre position.

Le Canada devrait hausser ses standards, pas les abaisser

Ce débat n’est pas marginal. Il touche à la sécurité alimentaire, à la santé publique, à l’environnement et à la responsabilité politique. Le Canada ne devrait pas faire marche arrière. Il devrait au contraire hausser ses standards et même devenir un exemple à l’international.

Le gouvernement doit protéger la population, pas rassurer des intérêts économiques à court terme. Et si cela dérange certains acteurs, tant mieux: cela veut dire qu’on remet enfin l’intérêt public au centre.

Il est temps que les députés se prononcent clairement. Et il est temps de rappeler qu’en matière de santé et d’environnement, le principe de précaution n’est pas un luxe. C’est une obligation.

Conclusion

Dans ce débat, le vrai enjeu est simple: veut-on protéger la population ou ménager un système qui tolère trop facilement les substances néfastes? Si la réponse est la première, alors il faut s’opposer clairement au retour de ces pesticides. Pas demain. Maintenant.

Je vous encourage toutes et tous à contacter vos députés et à signer et partager la pétition qui vient d’être mise en ligne à ce sujet (juin 2026): https://www.change.org/p/s-opposer-au-projet-de-loi-c-30

Image par schauhi de Pixabay

10 réponses

  1. Je demeure dans un petit village dans le nord de l’Alberta depuis 2,5 ans – croyant À TORD que je déménageais dans un « petit village tel que ceux du Québec »
    FAUX!
    Le cas du glysophate – ROUND UP – cessons « d’emballer » les « bobos » et nommons les choses telles qu’elles sont!
    Page frontipice de la circulaire « Home Hardware » juste la semaine dernière ROUND-UP en vente!
    Le deuxième voisin, vaporise partout – il n’aime PAS les pissenlits. Je lui ai dit que c’était à peu près LA SEULE SOURCE de nourriture que les pollinisateurs ont à ce temps-ci de l’année ET lui ai suggéré d’aller relaxer sur un terrain de golf – LÀ le gazon est vert à souhait – sans pissenlits et il va arrêter de ce fatiguer les méninges sur ce qui se passe dans la cour du voisin.
    StéfaneGuilbault lorsqu’il a démissionné, certains Albertains disaient: « Bon débarras. Il était temps qu’il « step down ». Je leur ai dit qu’il ne « descendait » pas de son poste, mais qu’il se LEVAIT à ses VALEURS et avait rajouté: « Ce n’est PAS quelque chose que vous pouvez comprendre ici, en Alberta. Vous aimé trop vos « richesses » (chiche) vendus à des consortiums multi-nationales à travers le monde (juste en arrière dans le champ c’est aux Chinois!)
    Bref, dites aussi un GROS NON à Danielle Smith et ses pipelines! Les lèche-culs des merdias qui disent qu’elle a « montré de respect » en « baragouinant » un paragraphe en un semblant de français doivent certainement avoir compris elle a fait un GROS EFFORT (en vous léchant le cul) simplement pour passer cette cochonnerie de pipeline à travers la belle province. Vous verrez lorsque les équipes d’entretien (s’il y en a) seront sur place s’ils ne s’adresseront pas à vous en disant: « Sorry, I don’t speak French »

    1. Bonjour Reina
      Je comprend tout à fait, ayan vécu moi-même en Alberta il y a plusieurs années. C,est difficile de conscientiser les gens que le propos est asu suejt d’une futur « lointain » et l’opposé est un gain immédiat. Je ne sais pas si nous gagnerons, mais je sais qu’il faut se mobiliser. Nous avons le même problème avec le Round-Up vendu en quincaillerie même si c’est illégal en ville. Le MAPAQ (ministère de l’agriculture est noyauté par les lobbys des pesticides, sans parler de Santé Canada qui est perçu comme un troublion et muselé par Développement Canada.
      Je ne sais où l’on s’en va.
      Merci pour votre appui
      Santé!

  2. Merci Jean-Yves, pour ton initiative. Une marche en arrière en effet. Épouvantable. J’ai signé. Avec plaisir – et avec une certaine tristesse, colère même : encore une fois faut-il “monter aux barricades” pour protéger notre environnement et notre santé, face aux décideurs qui semblent ne pas comprendre (ne veulent pas comprendre?) le lien essentiel entre les deux!

    1. Merci Betty.
      Il ne veulent pas comprendre. Santé Canada et la FDA sont plus là pour protéger les corporations que les citoyens. Ce n’est que le dernier exemple.
      Santé! (on l’espère toujours)

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