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Qu’est-ce que l’inflammation sourde

De plus en plus, la science confirme que l’inflammation est à la source de nombreuses maladies, notamment les maladies cardiaques.(1) Je ne parle pas d’inflammation localisée, comme celle qui fait suite à une blessure, mais bien d’inflammation systémique ou inflammation sourde (low grade inflammation). Ce type d’inflammation ne cause pas nécessairement les symptômes aigus (enflures, douleurs, etc.) habituellement associés à l’inflammation, ce qui fait qu’elle n’est souvent pas détectée, qu’elle passe sous le radar. L’inflammation sourde correspond à une usure, un mauvais état de toute la machine humaine. Par exemple, une biopsie de tissus adipeux (gras) de l’abdomen d’une personne obèse, ou d’une personne qui a simplement un gros ventre, révèle un tissu en état constant d’inflammation. Les adipocytes (cellules graisseuses) de l’abdomen, contrairement à ceux qui se retrouvent ailleurs dans le corps, sont associés à des maladies cardiaques, au syndrome métabolique, au prédiabète, etc. Le processus inflammatoire qu’on y détecte est probablement responsable de ces conséquences pathologiques.

L’inflammation sourde est aussi associée à d’autres maladies dévastatrices comme la maladie d’Alzheimer, les différentes arthrites, l’ostéoporose et même certains cancers.

On entend de plus en plus parler des marqueurs de cette inflammation. On s’aperçoit que ces marqueurs sont plus liés à l’évolution des maladies chroniques que les marqueurs habituels (comme le cholestérol pour la maladie cardiaque).

Ces nouveaux marqueurs sont:

· la protéine réactive C (CRP)

· certaines interleukines (IL-6, IL-10, IL18)

· la MCP-1 (protéine chémo-attractive des monocytes-1 ou monocyte chemoattractant protein-1)

· le TNF alpha (facteur de nécrose tumorale ou tumor necrosis factor).

Tout comme le cholestérol, qui est devenu un mot connu de tous, ces nouveaux termes commencent à trouver leur place dans le discours populaire.

D’où vient cette inflammation?

Vous l’avez probablement deviné… Eh oui, il y a un lien entre l’alimentation et l’inflammation. Il est effectivement possible de réduire le risque de développer de l’inflammation systémique par une approche alimentaire (ou des aliments particuliers).

J’ai déjà parlé dans de nombreux articles du lien entre néfaste food et maladies, notamment inflammatoires. La consommation de gras trans, gras oxydés et/ou trop cuit, fructose libre, viandes rouges (particulièrement lorsqu’elles sont très cuites), et autres, est impliquée dans le processus d’inflammation sourde. Mais pensons positivement et cherchons les nutriments qui pourraient nous conférer une certaine protection contre ce fléau.

Se protéger

Les plus connus de ces nutriments protecteurs sont certainement les omégas 3 à chaine longue (AEP et ADH) des huiles de poisson (poissons des eaux froides). Le niveau d’inflammation d’un individu est inversement proportionnel à son taux d’oméga 3 circulant.(2) De plus, le ratio entre les omégas 6 (n-6) et les omégas 3 (n-3) est fortement lié au statut inflammatoire. Plus le ratio n-6/n-3 est faible, plus le taux d’inflammation est bas. Donc, pour de meilleurs résultats, il faut viser un taux d’oméga 3 élevé ainsi qu’un apport réduit en oméga 6 (voir à ce sujet Viande de bœuf: néfaste?).(3)

Dans un prochain article, je couvrirai d’autres nutriments utiles contre l’inflammation.

Références:

1. The rise of anti-inflammatory nutrients. By Stephen Daniells, 19-Apr-2011 www.nutraingredients.com

2. Micallef MA, Munro IA, Garg ML. An inverse relationship between plasma n-3 fatty acids and C-reactive protein in healthy individuals. Eur J Clin Nutr. 2009 Sep;63(9):1154-6. Epub 2009 Apr 8. PubMed PMID: 19352379.

3. Kalogeropoulos N, Panagiotakos DB, Pitsavos C, Chrysohoou C, Rousinou G, Toutouza M, Stefanadis C. Unsaturated fatty acids are inversely associated and n-6/n-3 ratios are positively related to inflammation and coagulation markers in plasma of apparently healthy adults. Clin Chim Acta. 2010 Apr 2;411(7-8):584-91. Epub 2010 Jan 26. PubMed PMID: 20097190.

4. Esposito K, Giugliano D. The metabolic syndrome and inflammation: association or causation? Nutr Metab Cardiovasc Dis. 2004 Oct;14(5):228-32. PubMed PMID: 15673055.

5. Pai JK, Pischon T, Ma J, Manson JE, Hankinson SE, Joshipura K, Curhan GC, Rifai N, Cannuscio CC, Stampfer MJ, Rimm EB. Inflammatory markers and the risk of coronary heart disease in men and women. N Engl J Med. 2004 Dec 16;351(25):2599-610. PubMed PMID: 15602020.

6. Sharman MJ, Volek JS. Weight loss leads to reductions in inflammatory biomarkers after a very-low-carbohydrate diet and a low-fat diet in overweight men. Clinical Science 2004;107 :365-69

6 commentaires

  1. Merci de souligner l’importance de cette inflammation de bas grade qui est un facteur sans doute majeur du risque cardio-vasculaire, des cancers à développement lent et des maladies dégénératives.
    Cela est confirmé par les études épidémio sur les personnes qui ont pris un anti-inflammatoire au long cours pour des problèmes articulaires ou autre, ils l’ont probablement payé digestivement, mais ont baissé leur risque de toutes ces maladies.

    La CRP classique avec seuil à 10 mg/l n’est sensible qu’aux inflammations aiguës, et sa pratique depuis longtemps ne permettait pas de détecter les inflammations de bas grade. Pour être un marqueur de ce type d’inflammation, elle doit être plus sensible et avoir un seuil à 1.

    Quand au lien entre obésité et inflammation, il est vraiment intéressant à creuser, car il semble bien les deux s’entretiennent mutuellement dans un cercle vicieux aussi néfaste pour l’image que pour la santé !

  2. Bonjour,

    Mis à part la recherche du taux de CRP qui est relativement courante, faut-il également demander à rechercher systématiquement les autres marqueurs d’inflammation que vous citez, principalement lorsque l’on a une maladie neurologique idiopathique et que les médecins ont baissé les bras ?
    Cordialement

  3. Bonjour M. Dionne

    il ne faut pas mésestimer non plus les effets de l’huile d’onagre, soit un oméga 6 qui procure des prostaglandines P1, soit non inflammatoires et ayant plusieurs vertus. Le ration d’oméga 6 vs 3 est de 4:1, toutefois notre alimentation même si elle contientbeaucoup d’oméga 6, ne contient pas les bons, contrairement à l’huile d’onagre. Donc en plus de l’huile de poisson, il faut prendre de l’huile d’onagre et même en quantité assez importante, aisni que de la vitamine E pour éviter l’oxydation de ces acides gras essentiels. De plus l’huile d’onagre protège contre les effets du mercure, tellement présent dans notre environnement et dans nos amalgames dentaires (ce qui est un aberration de mettre cela dans la bouche des gens). Voici l’article à ce sujet: disiohttp://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8390392

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