J’ai reçu un splendide coffret d’épices (1) pour Noël et ça m’a donné le goût de vous parler de ce monde merveilleux… en commençant par un peu d’histoire…

Les épices tiennent une place bien particulière dans le monde des plantes médicinales. Les premières traces de l’usage des épices remonteraient à environ 4000 ans avant notre ère, en Inde.

Historiquement, l’importance des épices équivaut facilement à celle du pétrole, aujourd’hui, ou de l’eau, demain. Dans ce confort qui nous est maintenant habituel, tout est accessible rapidement et à peu de frais (enfin, pour l’instant). Mais il fut un temps, de l’antiquité à l’époque moderne, où les grands de l’Europe et du monde ont déployés d’immenses efforts pour obtenir ces fameuses épices.

Depuis toujours, les épices ont été un moteur économique, stimulant la réalisation d’exploits, explorations et conquêtes dont les récits fascinent encore aujourd’hui. La route des épices terrestre (entre le Proche-Orient et l’Inde) étant contrôlée par les marchands arabes jusqu’à l’époque romaine, les explorateurs sont nombreux à s’être embarqués pour des voyages au bout du monde, espérant trouver la route de contournement qui leur permettrait de faire fortune. Ce sont les épices qui ont poussé Marco Polo à explorer jusqu’à la mer de Chine, depuis son Italie natale. Ce sont encore les épices qui ont amené Christophe Colomb à chercher une nouvelle route des Indes. Magellan, quant à lui, a fait le tour du monde en voulant se rendre aux îles aux épices (îles Moluques).

L’Inde et l’Indonésie sont le garde-manger mondial des épices. Le climat chaud et humide qui y règne et, surtout, la variété de ces climats sur de petites étendues de territoire font que le sous-continent de l’Inde et les contrées autour de l’océan Indien (plus spécifiquement de la Baie du Bengale) regorgent d’une flore où prolifèrent des espèces aromatiques recherchées. La variété d’épices y est tellement grande que, par exemple, plusieurs variétés de cannelliers y coexistent (chacun ayant des arômes et des usages différents).

Mais pourquoi les épices fascinent-elles tant les Européens? On sait que la Méditerranée foisonne de plusieurs substances aromatiques très intéressantes comme le thym, le romarin, le basilic, l’ail ou encore la moutarde. Alors pourquoi ont-ils fait littéralement le tour de la terre à la quête d’autres aromates? Bien sûr, le goût, le désir des riches personnages de l’époque d’avoir l’exclusivité, de relever la réputation de leur table, etc. Mais cela semble bien maigre pour expliquer l’ampleur colossale des entreprises déployées par les commerçants et les chefs d’état pour l’acquisition et le contrôle de ces fameuses épices!

Une autre thèse veut que l’intérêt des épices tienne à leurs propriétés de conservation des aliments. Les boîtes de conserve ne seront inventées qu’au début du 19e siècle, à la demande de Bonaparte.(2,3) Avant ça, les aliments, en particulier les viandes, étaient très difficiles à conserver. Les méthodes de conservation des aliments étaient le séchage, la salaison et le fumage. Chacune de ces façons de faire altère à la fois le goût et la qualité des aliments sans être garante de la sécurité du produit final. Plusieurs épices comportent des composés antibactériens qui ont pour effet d’augmenter le temps de conservation des aliments. Le clou de girofle et la cannelle, par exemple, présentent de telles caractéristiques.

Une autre thèse, celle qui m’intéresse le plus, vous le comprendrez, est basée sur les effets thérapeutiques des épices. Les vertus thérapeutiques des épices sont, à mon avis, une explication beaucoup plus plausible de la monumentalité des fortunes dépensées à leur recherche. Et ce n’est pas si farfelu! De nos jours, n’utilisons-nous pas des extraits de piments (capsaïcine) pour la douleur, du gingembre pour la nausée et l’inflammation, de la cannelle comme agent de conservation (Hagen Daas), de l’huile de clou de girofle comme anesthésiant, etc. Même dans le livre du Dr Béliveau (Les aliments contre le cancer), une grande place est accordée aux épices (comme le curcuma, un très bon antioxydant).(4)

Bon, je m’emporte un peu… Dans de prochains articles, je reviendrai sur les effets de ces fameuses épices. Vous verrez, c’est fascinant!

Bonne année 2010 sur la route des épices!

JYD

Références :

1. www.epicesdecru.com

2. La France Pittoresque

3. Hyperhistory

4. Richard Béliveau et Denis Gingras. Les aliments contre le cancer – La prévention et le traitement du cancer par l’alimentation Édition Trécarré (Quebecor media) 2005

5. Le journal des femmes: Histoire : la conquête des épices

6. Le dico des épices: Histoire des épices – Rôle historique des épices et des aromates.

7. ACI Multimédia – Tourisme et Gastronomie – La route des épices

Photo: judepics

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