Je viens de tomber sur une nouvelle fort intéressante qui mérite d’être diffusée.(1)

Une méga étude de cohorte effectuée dans 11 localités réparties en Chine, Inde, Cuba, République Dominicaine, Venezuela, Mexique et Pérou a porté sur 14 960 personnes âgées de plus de 65 ans. Toutes ces personnes ont été interviewées et les conclusions tirées de ces entretiens sont tout à fait fascinantes:(2)

1- la consommation régulière de poisson a réduit le risque de développer une démence sénile de près de 20% (PR: 0.81; 95% CI: 0.72, 0.91)

2- La consommation régulière de viande rouge a augmenté ce risque de près de 20% (PR: 1.19; 95% CI: 1.07, 1.31)

Explication des chiffres

Les chiffres entre parenthèses appartiennent au jargon scientifique et ne vous disent probablement pas grand-chose. Pour ceux que ça intéresse (sinon, ne lisez que la conclusion), en voici l’explication:

Le PR correspond au rapport de prévalence entre la population décrite (ceux qui prennent du poisson de façon régulière) et la population totale de l’étude (qui comprend ceux qui prennent du poisson de façon régulière et ceux qui n’en prennent pas). Donc 0.81 signifie que, pour 100 cas de démence chez toutes les personnes qui ont participé à l’étude, on a relevé seulement 81 cas de démence chez ceux qui prennent du poisson de façon régulière. Ce 0.81 est une moyenne qui comporte une marge d’erreur qu’on qualifie à l’aide de l’intervalle de confiance (CI). Ici, chaque résultat individuel a 95% des chances de se retrouver dans l’intervalle entre 0.72 et 0.91. Je sais, ça n’est pas très concret comme explication. Ce qu’il faut savoir c’est qu’un aspect important de ce genre de donnée est le fait que l’intervalle passe ou ne passe pas par le «1». Si l’intervalle comprend le chiffre 1 (donc le rapport 100/100), on a des chances d’avoir une illusion, ce qui est appelé non statistiquement significatif. Plus le CI s’approche du chiffre 1 et plus l’intervalle est grand, moins les résultats sont significatifs. Dans le cas présent (0.72-0.91), les résultats sont très significatifs.

La consommation régulière de viande rouge a l’effet inverse: 119 cas contre 100 cas dans la population de l’étude. Par contre, il faut noter que l’intervalle de confiance 95% CI: 1.07, 1.31 est plus grand et qu’il est plus près de 1. Les résultats sont donc moins significatifs que pour la consommation de poisson.

Conclusion: L’effet négatif de la viande rouge est moins statistiquement significatif que l’effet protecteur de la consommation de poisson. Donc, retenez surtout l’effet bénéfique du poisson. Ça fait longtemps qu’on le dit: mangez-en, c’est bon au goût (sur le Bar-B-Q, en ceviche, ou en sushi…) et c’est bon pour vous!

Quelques précisions

Il s’agit ici de la consommation de l’aliment (le poisson), pas des omégas 3 seuls. Nous savons que les omégas 3 sont bénéfiques, mais cette étude ne peut pas faire la différence entre les omégas 3 et le poisson. Dans le poisson, il y a beaucoup d’autres nutriments potentiellement importants pour la santé mentale.

Ces données sont obtenues de pays où le statut socio-économique est faible. À date, des résultats similaires sur l’effet protecteur de la consommation de poisson avaient été obtenus seulement dans des pays développés.

Bon appétit!

JYD

Références:

1. Daniells S. Oily fish may reduce dementia risk: Transcontinental study. Nutraingredients.com 08 juillet 2009

2. Albanese E, Dangour AD, Uauy R, Acosta D, Guerra M, Guerra SS, Huang Y, Jacob K, Llibre de Rodriguez J, Noriega LH, Salas A, Sosa AL, Sousa RM, Williams J, Ferri CP, Prince MJ. Dietary fish and meat intake and dementia in Latin America, China, and India: a 10/66 Dementia Research Group population-based study. Am J Clin Nutr. 2009 Jun 24. [Epub ahead of print] (article complet accessible gratuitement)

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