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S’il y a une plante qui subisse constamment la valse des médias, c’est bien l’échinacée. Pourtant, bon an mal an, des millions de personnes l’utilisent avec succès de par le monde pour soulager, prévenir et traiter les infections respiratoires. Alors, pourquoi autant de mauvaise presse?

L’échinacée est une plante très complexe contenant des centaines de molécules potentiellement actives, mais encore faut-il les retrouver dans le produit utilisé. Les extraits disponibles sur les tablettes (ainsi que ceux utilisés dans les études) ne sont pas tous équivalents.

Le 22 mai dernier, à la Royal Society of Medecine, à Londres, se tenait un congrès fascinant sur les propriétés de l’échinacée. Des chercheurs internationaux y sont venus présenter leurs travaux.

Recherches in vitro sur l’échinacée

Dr Selvarani Vimalanathan de l’Université de la Colombie-Britannique (Vancouver, Canada) a montré l’effet antiviral de l’échinacée contre la très grande majorité des virus causant des infections respiratoires, notamment les influenzas et les herpes simplex. Cet effet est supérieur à celui du Tamiflu et a l’avantage de ne pas causer de résistance.(1,2)

Dr Oliver Engler, de l’Office fédéral de protection civile, Laboratoire SPIEZ de Suisse, s’intéresse à cet effet antiviral dans un but de protection de la population contre les menaces de bioterrorisme. Il travaille sur des virus hautement pathogènes et l’échinacée, notamment les alkylamides que l’on retrouve dans la plante fraiche, représente une voie prometteuse dans ce domaine. L’intérêt de ce laboratoire pour l’effet antiviral de la teinture de plante fraiche d’échinacée montre à quel point les données disponibles sur cet extrait sont convaincantes.

In vitro, c’est bien, mais est-ce que ça fonctionne chez l’humain ?

Dr Peter Fischer, du Royal London Hospital for Integrated Medicine en Angleterre, a dirigé une étude clinique sur 473 patients diagnostiqués avec un Influenza. Cette étude a comparé l’effet du Tamiflu (oseltamivir) à celui de la boisson chaude Echinaforce (boisson produite à partir d’échinacée fraiche). Les résultats ont été les mêmes dans les deux groupes, sauf que l’Echinaforce a été mieux toléré, causant beaucoup moins d’effets secondaires. Les résultats de cette étude sont à paraitre.

Le Dr Sebastian L. Johnston, professeur au Imperial College of London, Royaume-Uni, a présenté une méta-analyse (compilation d’études) dans laquelle il comparait les effets des teintures (extraits alcooliques de plante fraiche, Echinaforce™ de A. Vogel) et des jus d’échinacée (jus obtenu par pression de la plante fraiche). Il cherchait à voir si la teinture et/ou le jus d’échinacée aidaient à prévenir les récurrences et les complications sur une période de 2 à 4 mois (un hiver).

Fleur d'échinacéeLe jus d’échinacée n’a pas montré d’efficacité satisfaisante. Par contre, voici les résultats pour la teinture d’échinacée (Echinaforce) :

  • prévention des récurrences de rhumes et de grippes : 35%
  • prévention des récurrences chez les individus ayant un système immunitaire affaibli : 50%
  • prévention des récurrences confirmées par virologie : 58%
  • prévention des complications (otites, sinusites, bronchites, etc.) : 50%
  • prévention des pneumonies spécifiquement : 65%

Les résultats de cette étude ont été publiés dans Advances in Therapeutics.(3)

En bref, tous les produits d’échinacée ne sont pas équivalents. Il semble qu’un extrait alcoolique de plante fraiche soit idéal pour conserver des taux importants de principes actifs, dont les alkylamides, et garantir l’efficacité.

Références :

  1. Vimalanathan S, Schoop R, Hudson JB. High potency anti-influenza therapy by combination of Echinacea fresh herb and root tincture. Journal of Applied Pharmceutical Science 2013;3(12) :1-5. http://www.japsonline.com/abstract.php?article_id=1125
  2. Hudson J, Vimalanathan S. Echinacea—A Source of Potent Antivirals for Respiratory Virus Infections. Pharmaceuticals 2011, 4(7), 1019-1031; doi:3390/ph4071019 http://www.mdpi.com/1424-8247/4/7/1019
  3. Schapowal A, Klein P, Johnston SL. Echinacea reduces the risk of recurrent respiratory tract infections and complications: a meta-analysis of randomized controlled trials. Adv Ther. 2015 Mar;32(3):187-200. doi: 10.1007/s12325-015-0194-4. Epub 2015 Mar 18. PubMed PMID: 25784510. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25784510

7 commentaires

  1. Bonjour,

    On sait que l’échinacée est contre indiquée lorsque le système immunitaire est affaibli ou dans les cas d’allergie au pollen et/ou chrysanthème.

    Y a-t-il d’autres contre-indications ? Avec certains médicaments ?

    Merci!

  2. Bonjour,
    J’ai un chat avec une infection chronique au niveau du nez.
    Le véto lui a trouvé escherichia coli et staphylocoque doré suite à l’antibiogramme.
    Il m’a dit aussi qu’il n’y a pas d’antibiotique pour les chats qui soignent les deux. Le chat ne tolère pas l’antibiotique prescris : Septotryl, il fait des écumes et il bave beaucoup.
    Du coup je cherche une solution naturelle. J’ai acheté des huiles essentielles : d’origan, arbre de thé, laurier, citronnelle, eucalyptus, thym, je les ai mis dans le diffuseur des huiles essentielles dans toute la maison. Je me suis rendu compte que le cocktail était assez fort parce que j’avais les yeux irrités.
    Ce qui m’inquiète est que j’ai lu des avis qui disaient que les chats n’ont pas notre capacité à métaboliser des huiles essentielles et que c’est un poison pour eux. Je ne suis pas sure, étant donné que les vétos lui ont prescris à des nombreuses fois des inhalations avec des produits acheté en pharmacie avec des huiles essentielles. Pourriez-vous me conseiller svp ?
    Connaissez –vous des homéopathiques qui pourraient l’aider ?

    Merci beaucoup,
    Claudia

  3. Bonjour M. Dionne. Pourriez-vous me dire le dosage à prendre d’extrait alcoolique de la plante d’echinacée. Peut-on la prendre de façon régulière, pour prévenir rhume, bronchite etc. Merçi.

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