Tout récemment, des chercheurs ont montré que l’usage d’une capsule de probiotiques contenant un lactobacille et une bifidobactérie aide des femmes à ne pas engraisser après un accouchement.(1) Pour l’étude, 256 femmes enceintes ont pris durant 12 mois (début durant le 1er trimestre de la grossesse et jusqu’à 6 mois après l’accouchement) soit un placebo, soit un supplément de probiotiques contenant du Lactobacillus GG et du Bifidobacterium BB12. Toutes ces femmes ont allaité et, peu importe le produit, toutes ont reçu des conseils diététiques.

Dans le groupe placebo, un an après l’accouchement, 43% des femmes avaient de l’obésité abdominale (IMC* de plus de 30; tour de taille de plus de 80 cm ou 31,5 pouces). Dans le groupe avec probiotiques, cette proportion n’était que de 25%. Cette étude finlandaise a été présentée au Congrès européen sur l’obésité à Amsterdam, aux Pays-Bas, en mai dernier.

Le même groupe de chercheurs a publié une étude similaire l’an dernier. Leurs résultats démontraient que l’usage d’un probiotique améliore le contrôle de la glycémie (sucre dans le sang) chez des femmes enceintes.(2)

Ce n’est pas la première fois que je lis quelque chose de ce genre. Depuis quelques années, des chercheurs ont établi que les obèses avaient une flore intestinale très différente de celles des gens ayant un poids corporel normal.(3) D’ailleurs, ce lien est tellement fort que des souris normales inoculées avec la flore bactérienne de souris obèses deviennent graduellement obèses.(4)

Depuis de nombreuses années, cette même logique sous-tend l’usage des antibiotiques chez les animaux d’élevage pour provoquer un gain de poids plus important en affaiblissant la flore bactérienne. Plusieurs chercheurs se penchent actuellement sur le remplacement des antibiotiques en production animale par des suppléments spécifiques de bactéries.

Mais chez nous, êtres humains, le problème est plutôt l’inverse, non? Notre but n’est pas de gagner beaucoup de poids le plus rapidement possible pour accroître le rendement!

L’étude finlandaise représente une avancée importante pour la compréhension du rôle des bactéries dans la conversion énergétique et le gain pondéral. Mais surtout, il s’agit d’une des premières interventions chez l’humain qui montre des résultats tangibles à l’aide d’une simple manipulation de la flore bactérienne.

Doit-on attendre des études cliniques sur un produit spécifique pour utiliser les probiotiques dans la gestion du poids? À vous de juger…

Jean-Yves

*IMC : Indice de masse corporelle

Références:

1. Brown AJ, Probiotics may help ward off postpartum obesity. Reuters Health 8 mai 2009.

2. Laitinen K, Poussa T, Isolauri E; the Nutrition, Allergy, Mucosal Immunology and Intestinal Microbiota Group. Probiotics and dietary counselling contribute to glucose regulation during and after pregnancy: a randomised controlled trial. Br J Nutr. 2008 Nov 19:1-9.

3. Ley RE, Turnbaugh PJ, Klein S, Gordon JI. Microbial ecology: human gut microbes associated with obesity. Nature 2006;444:1022–23.

4. Ley RE, Bäckhed F, Turnbaugh P, Lozupone CA, Knight RD, Gordon JI. Obesity alters gut microbial ecology. Proc Natl Acad Sci USA 2005;102:11070–5. (texte complet)

5 commentaires

  1. J’ai oublié de vous dire que je suis une “constipée chronique” depuis la naissance.
    Je me rends aux toilettes en moyenne tous les 4 à 6 jours. Lorsque j’étais jeune fille, je me suis vue rester sans selles 15 jours…

    1. Bonjour Panthère de Chine,
      Les probiotiques peuvent aider, en particulier pour la constipation. Par contre, il ne sont pas “la panacée” pour maigrir. Il est vrai que si vous consommez régulièrement un supplément de probiotiques riche en bifidobactéries (lire les étiquettes) à une dose d’au moins 5 milliards de bactéries par jour, vous devriez voir une amélioration de votre transit en quelques semaines. Pour ce qui est de la perte de poids, si vous avez eu des résultats avec Scarsdale, vous pouvez simplement couper les pains, pâtes, patates et les aliments sucrés. C’est plus simple que le régime et ça donne les mêmes résultats. Augmentez les sources de protéines (viandes et légumineuses) et les légumes (surtout crus).
      De plus, je vous suggère fortement de prendre des huiles de poisson (omégas 3) pour aider à la fois le métabolisme et l’humeur. Dose : un minimum de 1000mg EPA (encore ici, lire les étiquettes pour obtenir la bonne dose)
      Bon succès
      Santé!
      P.S. désolé pour le délai. Votre commentaire a dû passé dans les craques entre les différentes pages du site.

  2. Je suis une femme de 55 ans qui n’ a cessé de grossir durant toute sa vie. Je n’ai jamais trouvé le moyen efficace pour stabiliser mon poids et surtout pour ne pas grossir. Il y a environ 25 ans j’ai fait le “scardale” pendant 2 mois de suite et j’ai perdu plus de 17 kg mais j’ai aussi fait une dépression après car je devais faire ce régime 15 jours m’arrêter 15 jours et éventuellement recommencer….
    Aujourd’hui vu l’article précédent, je me pose la question : Dois je prendre des probiotiques pour ne pas grossir, (actuellement je pèse 91 kg pour 1 M 73)
    Je suis ménopausée depuis 2 ans et il est vrai que je ne pensais pas m’arrondir autant depuis (ventre, cuisses, estomac, fessier).
    Je suis au bord de la dépression et j’aimerais m’en sortir.. Je me suis rendue chez une diététicienne mais rien y fait…
    Merci de me répondre

  3. Bonjour M Dionne
    Que doit on penser de ce qui circule sur internet ,a savoir que les milliards de bactéries dans les produits Danone sont les mêmes que celles utilisées depuis longtemps dans les élevages industriels comme activateurs de croissance pour faire grossir plus rapidement cochons et poulets.
    Que des chercheurs ont comparés la flore intestinale des obèses et non obèses ,les premiers étaient bourrés de probiotiques ceux qu’on trouve justement dans les yaourts (santé plus)
    Sourse:Marie-Ange Zwickert
    Secrétariat Maintenance Belle-Idée Hopital de Bellerive,Suisse

  4. Bactéries et parois intestinales

    Voici un sujet glissant mais semble-t-il tres intéressant a propos de plusieurs problemes de santé.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.

*