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En Amérique du Nord, l’obésité a atteint des proportions épidémiques. Pourtant, les divers systèmes et régimes amaigrissants n’ont jamais connu autant de popularité! Une nouvelle recherche confirme ce que de nombreux experts mentionnent depuis longtemps: certains aliments entrainent des comportements similaires aux comportements de dépendance aux drogues. Ces réactions seraient impliquées dans l’épidémie d’obésité et expliqueraient l’échec des diverses stratégies pour perdre du poids.

Étude sur la réponse cérébrale aux aliments hyper savoureux

Des chercheurs, sous la direction de Ashley Gearhardt de l’université Yale au Connecticut, ont évalué 48 jeunes femmes en santé de tous types physiques, allant de mince à obèse, à l’aide de résonnances magnétiques du cerveau et du questionnaire de mesure des symptômes de dépendance Yale Food Addiction Scale (YFAS).(1) Les volontaires ont reçu soit un lait fouetté (milkshake) au chocolat, soit une boisson insipide.

Les chercheurs ont établi une corrélation directe entre les symptômes de dépendance relevés à l’aide du questionnaire et l’activation des régions du cerveau associées à la dépendance. Les circuits associés à la récompense étaient suractivés durant l’anticipation, c’est-à-dire avant de recevoir le lait frappé, et les régions associées à l’inhibition étaient sous activées durant la consommation du breuvage. Ce phénomène est bien connu pour les drogues, mais c’est la première fois qu’on le constate pour l’alimentation.

Si les aliments que les chercheurs qualifient d’hyper savoureux (hyperpalatable), comme les aliments dits réconfortants ou le néfaste food, déclenchent les mêmes schémas d’activation cérébraux que les drogues, on peut donc en conclure qu’ils entrainent de la dépendance. On comprend alors beaucoup plus facilement l’échec si fréquent des gens qui essaient de perdre de du poids.

Ces résultats mettent en évidence l’importance d’établir une politique de santé publique cohérente, similaire à celle sur le tabac et tenant compte du facteur de dépendance.(2)

Références

1. Nouvelle: Food addiction has similar brain response to drug addiction: Study By Nathan Gray, 05-Apr-2011 dans www.foodnavigator.com/

2. Gearhardt AN, Yokum S, Orr PT, Stice E, Corbin WR, Brownell KD. Neural Correlates of Food Addiction. Arch Gen Psychiatry. 2011 Apr 4. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 21464344.

3. Gearhardt AN, Grilo CM, Dileone RJ, Brownell KD, Potenza MN. Can food be addictive? Public health and policy implications. Addiction. 2011 Jul;106(7):1208-12. doi: 10.1111/j.1360-0443.2010.03301.x. Epub 2011 Feb 14. PubMed PMID: 21635588.

photo: NickSS de London

11 commentaires

  1. Moi mon fils agé de 15 ans vole pour pouvoir comblé ses pulsions alimentaires. Je pense que le problème est rendu au point qu’il doit avoir un suivi avec un psy. Croyez vous que c’est là une dépendance à la nourriture ou une façon de nous dire qu’il n,est pas heureux ?
    Je crois que nous avons vraiment besoin d’aide?

    1. Mes sympathies Patricia,
      Un peu des deux. Il faut voir à changer fondamentalement son alimentation. Par contre, à 15 ans, c’est TRÈS difficile. À cet âge, ils ont le syndrome superman et tout ce qu’on dit est mauvais.
      Par contre, persévérez. Il peut finir par entendre.
      Santé!

  2. Paul Sttit, dans son livre « Beating the Food Giants » nous parle, entre autres, de la raison pour laquelle nous sommes accros à certains « aliments ». Par exemple, les biscuits Oreo contiennent 14 (ou plus) produits pour créer une dépendance (qui peut manger un seul biscuit?). Ils sont catalogués comme « saveur ou couleur artificiel », je ne me souviens plus.

    Ce que la plupart de gens ignorent est que les recettes des produits commerciales changent constamment pour deux raisons : réduire le coût de production et ajouter des molécules modifiantes de l’appétit. Si vous n’avez manger des Rice Crispies depuis votre enfance, si vous les goutez aujourd’hui, le goût n’est plus le même; ce n’est pas que votre mémoire gustative vous fait défaut, c’est que la recette n’est plus la même… Quelqu’un qui a continuer à les manger ne voit que du feux…

    Aussi, nous pouvons développer une dépendance à certains aliments si nous mangeons des repas non équilibrés. Il nous faut plus des fruit et légumes frais dans notre diète pour nous permettre d’avoir les enzymes et autre nutriments nécessaires non seulement pour bien nous nourrir mais pour bien nourrir notre flore intestinale. Une diète haute en féculents et aliments transformés va changer l’équilibre et la flore résistante, qui ne sont pas les bactéries lactiques, va prendre trop de place et cette nouvelle flore dominante se nourrit de glucose et rien de plus facile à convertir en sucre que les féculents. S’ils ne mangent pas, ils meurent, leurs toxines nous font sentir mal et nous compensons en mangeant les aliments qui sont en train de nous rendre malades. C’est un cercle vicieux.

    De plus, ce qui ne tolèrent pas le gluten ni la caséine (protéines des céréales et produits laitiers) ne les digèrent pas correctement; leurs peptides (première étape de fracturation des protéines) ont des capacités opioïdes, c’est-à-dire elles réveillent le centre de compensation du cerveau…créant une dépendance à ces aliments.

    En conclusion, mangeons des repas préparés à la maison (avec des aliments que nous pouvons tolérer), plus des fruits et légumes fraiches et entières – il ne faut pas oublier l’importance des fibres- (ou cuites à la vapeur quand il le faut); de cette manière nous nous nourrissons mieux tout comme notre flore intestinale.

    Ce n’est pas la pomme de terre qui est mauvaise pour nous, c’est notre façon de la préparer et de la manger en quantités exorbitantes. Ce n’est pas la pizza ou les pâtes, mais le gluten et caséine; ni le chocolat mais le sucre blanc et le lait modifié qui sont en cause. Sans oublier que ces aliments transformés contiennent une panoplie d’ingrédients toxiques…

  3. Bonjour tout le monde,
    Oui, tout ça a du bon sens mais je crois que nos hormones y font pour beaucoup dans nos choix alimentaires surtout pour nous les femmes! (surtout en période prémenstruelle ou en temps de grands stress!). J’ai 2 livres à vous conseiller: Maitriser votre métabolisme de Jillian Michaels etMangez plus pour maigrir de Barbara Rolls, ce sont 2 livres que je viens de lire et que j’adore! Ces 2 livres contiennent des recettes en plus! Bonne santé!

  4. Une solution pr la désensibilisation : l’arrêt des sucres etaliment marqués chimiquement (pesticides, conservateurs, exhausteurs de gouts colorants…) dans lequel j’inclus le lait industriel stérilisé of course, on a une première impression comme si onarrêtait de fumer, on retrouve du goût, une vrai saveur sucrée aux aliments… Et étape suivante, la détoxification par bains de bouche (en malaxant) à l’huile de carthame (20 min le matin, rejetez à la fin surtout (mélange chargé de toutes vos toxines). Vous désensiblisés tous vos capteurs buccaux aux marqueurs de chimie de synthèse, vous éliminez toutes vos cellules sensorielles hors jeux en mettant à jour des cellules neuves, et c’est comme si vous rebuviez de l’alcool pour la première fois, ça brule! Après coup, la néfaste food, elle a un tel goût d’immondes chimie que vous la fuyez le plus que vous puissiez.

  5. Je peux vous recommander la lecture de « Maigrir sans régime » du Dr Zermati, qui parle justement des sensations de faim et satiété. Vraiment très intéressant!

  6. Intéressant, les solutions à suivre ?

    peut-on comparer gourmandise, aimer certaines nourritures (pas néfaste food, j’aime pas) dans cette catégorie car je sais que pour plusieurs, le sens de satiété n’est pas toujours perçu pour tous…

    pas de vacances pour les infos?

    à part boire beaucoup d’eau, air climatisé, quoi faire lorsqu’on a de la difficulté avec la chaleur et ce depuis que je suis jeune. Je répétais que j’étais pour mourir l’été…. sauf lorsque j’étais au bord d’un lac ou piscine… mais pas toujours possible….

    Ciao !

    1. Bonjour Claudette,
      La satiété n’est pas toujours au rendez-vous selon le type d’aliment, la façon de manger et le type de personne. Je n’ai pas de miracle à ce sujet sauf peut-être manger moins vite et s’assurer d’avoir des sources de fibres importantes à chaque repas. Mais la gourmandise n’est pas un péché (sauf dans la bible… 🙂 ) Aimer manger, à mon avis, est une qualité. Il faut simplement orienter son garde-manger vers des aliments meilleurs pour la santé.
      Pour la chaleur… Il y a toujours… déménager dans le bas du fleuve 🙂 ou dans Charlevoix…
      Au plaisir!

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