Obésité et minceur: héritage familial?

Le chercheur Peter Dolton et ses collaborateurs (Université de Sussex, Royaume-Uni) ont évalué le lien entre l’indice de masse corporelle* (IMC – permet d’évaluer l’obésité) des parents et celui de leurs enfants dans 6 pays: les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, l’Indonésie, l’Espagne et le Mexique.

Selon ces chercheurs, la grosseur (IMC) des 100 000 enfants évalués seraient dépendante de celle des parents. 20% serait lié à l’IMC de la mère et 20% à celui du père. Cette proportion semble augmenter chez les enfants obèses où elle passe à 30% pour chaque parent.1,2

L’obésité, c’est génétique…

De nos jours, on a tendance à en mettre beaucoup sur le dos de la génétique. Elle a certainement un rôle à jouer, mais elle n’est pas responsable de tout. Il y a bien d’autres facteurs à considérer…

Habitudes familiales

On «hérite» de nos parents une série d’habitudes de vie: notre culture alimentaire, nos loisirs, notre tendance à l’activité physique ou à la sédentarité, etc.

Si notre sport familial préféré est de regarder la télévision en mangeant des chips et/ou des bonbons, notre «héritage» familial ne sera pas le même que si l’activité familiale préférée est la randonnée! 3

De même, si le frigo est rempli de fruits et légumes et d’aliments bio, notre héritage est différent de celui de l’enfant qui grandit avec un frigo vide, ou encore, avec une omniprésence du prêt-à-manger parce que les parents ne savent pas ou n’ont pas le temps de cuisiner.

Milieu de vie

La prolifération dans notre environnement de substances à la sécurité plus que douteuse (additifs alimentaires, pesticides, ignifuges, produits cosmétiques, etc.) a également des effets sur notre métabolisme. Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez :

L’obésité augmente partout sur la planète

À l’échelle mondiale, le nombre de cas d’obésité a doublé depuis 1980.4 Il s’agit actuellement de la plus grande question de santé publique. Pourquoi l’obésité augmente-t-elle tant, partout dans le monde?

Il n’y a pas une seule réponse, mais bien plusieurs:

La malbouffe ou néfaste food

Obésité, malbouffe, sucre, additifs alimentairesAliments riches en sucre. Le sucre est maintenant reconnu comme un des principaux agents obésogènes. Les pires de ces aliments: les boissons sucrées, qui ne sont pas perçues par le corps comme des aliments et ne diminuent donc pas l’appétit.5 Voir aussi: http://www.jydionne.com/boissons-sucrees-les-professionnels-de-la-sante-sinquietent-de-la-surconsommation/

Le lobby du sucre a les poches profondes et est très puissant. Il contribue à la désinformation de la population en essayant de nous faire croire que le sucre est bon pour la santé et que ce sont surtout les gras qui nous font engraisser! Consultez le dossier dans Mother Jones 6 et l’article suivant sur mon blogue pour en savoir plus: http://www.jydionne.com/le-sucre-tout-et-son-contraire/

Aliments riches en colorants et autres additifs alimentaires. De plus en plus d’experts pointent du doigt les additifs alimentaires. Ces derniers perturbent l’appétit et le métabolisme.7 Par exemple, le fameux MSG (glutamate monosodique) pourrait être responsable non seulement des maux de tête chez les personnes sensibles, mais aussi de dérèglements de l’appétit.7

Les perturbateurs hormonaux

Agents plastifiants, pesticides, phtalates, composés fluorés etc. À titre d’exemple, le BPA contenu dans les plastiques a été impliqué pour son effet sur le fœtus. Il «programmerait» à l’obésité l’enfant à venir.

On parle ici d’un environnement obésogène !!!

Consultez aussi :

La sédentarité accrue

Tous nos gadgets technologiques, depuis les télécommandes jusqu’aux voitures en passant par les achats par Internet, tout nous pousse vers… ne rien faire.8 Et pourtant, on le sait, pour rester mince ou pour maigrir, il faut bouger!

Lisez aussi : http://www.jydionne.com/inciter-les-jeunes-a-bouger/

Le manque de sommeil

Le manque de sommeil est directement associé à une augmentation du poids chez les enfants.9

Consultez aussi: http://www.jydionne.com/trop-de-lumiere-fait-engraisser/

Informer les parents

Les parents jouent assurément un rôle primordial dans la santé des enfants. La génétique y est pour quelque chose, mais c’est loin d’être le seul facteur transmis pas les parents. Par contre, il n’est pas utile de blâmer les parents. Il faut plutôt les informer et leur donner des outils pour qu’ils comprennent mieux leur impact et leur rôle.

Un petit changement au jour le jour peut avoir un impact majeur à long terme.

* L’indice de masse corporel (IMC) correspond au rapport entre le poids et la grandeur et est calculé en kg/m2.

Références

  1. Les enfants doivent au moins 40% de leur obésité à leurs parents | Médecine. http://www.lapresse.ca/sciences/medecine/201702/20/01-5071337-les-enfants-doivent-au-moins-40-de-leur-obesite-a-leurs-parents.php
  2. Dolton P, Xiao M. The intergenerational transmission of body mass index across countries. Econ Hum Biol. 2017 Feb;24:140-152. doi: 10.1016/j.ehb.2016.11.005.PubMed PMID: 27987491. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27987491
  3. Hamer M, Weiler R, Stamatakis E. Watching sport on television, physical activity, and risk of obesity in older adults. BMC Public Health. 2014 Jan 8;14:10. doi: 10.1186/1471-2458-14-10. PubMed PMID: 24400697; PubMed Central PMCID: PMC3890601. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3890601/
  4. OMS, Obésité et surpoids, Aide-mémoire N°311 Juin 2016. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs311/fr/
  5. org Les boissons sucrées contribuent à l’obésité infantile http://www.extenso.org/article/les-boissons-sucrees-contribuent-a-l-obesite-infantile/ 06 juillet 2016
  6. Taubes G, Kearns Couzens C. Big Sugar’s Sweet Little Lies, Nov-Dec. 2012. http://www.motherjones.com/environment/2012/10/sugar-industry-lies-campaign
  7. Simmons AL, Schlezinger JJ, Corkey BE. What Are We Putting in Our Food That Is Making Us Fat? Food Additives, Contaminants, and Other Putative Contributors to Obesity. Curr Obes Rep. 2014 Jun 1;3(2):273-85. doi: 10.1007/s13679-014-0094-y. PubMed PMID: 25045594; PubMed Central PMCID: PMC4101898. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4101898/
  8. Arora T, Hosseini-Araghi M, Bishop J, Yao GL, Thomas GN, Taheri S. The complexity of obesity in U.K. adolescents: relationships with quantity and type of technology, sleep duration and quality, academic performance and aspiration. Pediatr Obes. 2013 Oct;8(5):358-66. doi: 10.1111/j.2047-6310.2012.00119.x. PubMed PMID: 23239604. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23239604
  9. Li L, Zhang S, Huang Y, Chen K. Sleep duration and obesity in children: A systematic review and meta-analysis of prospective cohort studies. J Paediatr Child Health. 2017 Jan 10. doi: 10.1111/jpc.13434. [Epub ahead of print] PubMed PMID: 28073179. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28073179
  10. Song X, Jousilahti P, Stehouwer CD, Söderberg S, Onat A, Laatikainen T, Yudkin JS, Dankner R, Morris R, Tuomilehto J, Qiao Q; DECODE Study Group. Cardiovascular and all-cause mortality in relation to various anthropometric measures of obesity in Europeans. Nutr Metab Cardiovasc Dis. 2015 Mar;25(3):295-304. doi: 10.1016/j.numecd.2014.09.004. PubMed PMID: 25315666. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25315666

6 réflexions au sujet de « Obésité et minceur: héritage familial? »

  1. Dino Halikas ND.A.

    Je suis complètement en accord avec tes observations, mais je penses sincèrement que la génétique de l’environnement ou plutôt l’épigénétique joue un rôle majeur dans le métabolisme. Malheureusement, l’expression des gènes par l’environnement semble se transmettre à au moins une génération. Si la deuxième génération modifie son environnement et son comportement, la troisième pourrait ne pas hériter des gènes exprimés. Voilà qui pourrait donner de l’espoir aux gens qui pense qu’ils n’ont pas tiré le bon numéro à la loterie des gènes…

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    1. Jean-Yves Dionne Auteur de l’article

      Bien d’accord Dino
      La programmation par l’environnement est complexe. On commence à peine à lever le voile.
      Il y a plus d’argent dans la génétique…
      Santé!

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  2. Suzanne

    Une autre piste de réflexion:
    Dans cette étude et dans ton analyse, aucune mention n’est faite de l’importance du type de microbiome et de son impact sur l’obésité. Or il semble que la prépondérance de certaines bactéries sur d’autres (favorisée par les choix alimentaires mais aussi transmis lors de l’accouchement) aient un impact sur l’absorption des calories et la facilité à devenir obèse. (D. Perlmutter, L’intestin au secours du cerveau).

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    1. Jean-Yves Dionne Auteur de l’article

      Bonjour Suzanne
      C’est vrai, je n’en ai pas fait mention mais le microbiote est le résultat des influences de notre environnement. C’est un peu l’oeuf ou la poule.
      Les recherches sont très intéressantes mais les actions spécifiques sont difficiles à démontrer.
      Santé!

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  3. Seb

    Article très complet Jean-Yves!
    D’un point de vue plus structurel, l’obésité est une expression de l’addiction, induite par tous les produits, aliments, et médicaments qui génèrent des problèmes, et dont les seules solutions économiques et accessibles, seront la consommation de ces mêmes produits.
    Quelques exemples :
    Plus on consomme de produits laitiers, plus on pisse son calcium, plus les produits laitiers deviennent les seuls produits permettant la disparition des symptômes du manque de produits laitiers.

    Plus on se fait vacciner, plus on consomme de l’immunité, plus on tombe malade et plus on se fait vacciner.

    Plus on mange de sucre, plus on affaiblit la régulation du glucose, plus le sucre est stocké, plus on manque de sucre.

    Plus on prend de probiotiques, plus on déséquilibre la médiation intestinale, plus on a besoin de prébiotiques, plus on a besoin de probiotiques.

    Plus on prend des antiacides, moins on a d’acide chlorhydrique, plus on a de RGO et plus on a besoin d’antiacide.

    Plus ma demi-vie est courte et plus je génère le syndrome du sevrage.

    L’obésité est induite par la surconsommation industrielle du mécanisme : je suis la solution du problème que je génère.

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  4. 3,14

    Pour Seb,

    Vos six phrases commençant par « plus » m’intéressent.
    Je suppose qu’elles sont des conclusions.
    Quelles sont les informations menant à ces conclusions ?

    Je suis un papa ayant fait les trois premières phrases.
    Je cherche à remonter aux sources d’informations permettant les six conclusions.

    Merci

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