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La mélatonine est-elle dangereuse?
22 oct 2009 | Commentaires 224
Récemment, on m’a demandé mon opinion sur un article à propos de la mélatonine.(1) Après lecture, je me pose de graves questions sur l’intégrité de la rédaction de cet article. En effet, avec des encadrés du style: «Certains spécialistes redoutent même un déferlement d’effets secondaires dans les 20 prochaines années.», on est en droit de se questionner sur le but de l’article.
Que la mélatonine ne soit pas la pilule miracle pour retrouver le sommeil perdu, soit. Mais de là à affirmer qu’il y a danger, on est loin, très loin du rapport factuel qui a pour but d’informer. On nage dans la propagande. Par exemple, voici quelques citations extraites directement du texte:
«Les commentaires relatifs à son efficacité sont partagés. Mais ils s’enlignent globalement vers un nouveau négativisme, d’autant plus que les publications récentes en médecine de voyage tendent à démontrer que l’efficacité anti-jet lag de la mélatonine serait contestable.» Il n’en reste pas moins que la mélatonine représente le seul outil thérapeutique montrant une certaine efficacité pour contrer le décalage horaire. Ça n’est pas une panacée, mais plusieurs personnes que je connais et qui voyagent beaucoup (moi le premier) l’utilisent avec succès.
«À court terme, on a rapporté plus de 35 types d’effets secondaires suivant la consommation de mélatonine.» L’alimentation saine en a probablement 300 (s’étouffer, bouffées de chaleur suite à la consommation de piments, lourdeur après avoir manger, se battre avec les enfants pour qu’ils mangent ce qui est bon pour eux, gaz intestinaux, etc. Tout peut passer pour un effet secondaire)!!! Respirer aussi… Cet énoncé, s’il n’est pas référencé et ne donne pas l’intensité des effets ne signifie rien du tout. D’ailleurs, dans ces études, le placebo a probablement donné autant d’effets adverses et à une intensité similaire. Du moins c’est ce que j’ai lu, moi, dans les études. Dans la très complète revue systématique de Buscemi et al (2), on mentionne que les effets secondaires de la mélatonine sont non significatifs par rapport au placebo.
«…on risque d’altérer tout le système hormonal en créant l’équivalent d’une obscurité permanente.» Il est vrai que cette préoccupation était présente au début, mais force est de constater que la sécrétion endogène de mélatonine n’est pas affectée par la prise, même régulière, de mélatonine.
«Certaines personnes ne devraient jamais prendre de mélatonine: celles qui souffrent d’une maladie auto-immune, les femmes enceintes ou qui essaient de l’être, les femmes qui allaitent, les personnes présentant des allergies sévères, les personnes de moins de 21 ans, celles qui souffrent de troubles neurologiques ou de troubles psychiatriques.» Que les femmes enceintes s’abstiennent, ce n’est que précaution logique. Mais pour le reste… Curieusement, la mélatonine est de plus en plus prescrite par des médecins pour soulager les insomnies causées par les médicaments pour les troubles d’attention et/ou hyperactivité. Dans une autre revue (3), de vrais experts présentent un tout autre tableau:
· La mélatonine est très bien tolérée.
· Elle a des effets anti-cancers et antioxydants.
· Elle améliore la survie et réduit la toxicité chez les patients en chimiothérapie.
· Elle réduit la cachexie (perte de poids majeure avec fonte musculaire secondaire au cancer et à certains traitements).
· Elle a des effets cardioprotecteurs, entre autres chez les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque.
«Ces extraits sont d’origine animale et proviennent habituellement du mouton.» Il est vrai que ce genre d’extrait a déjà existé, à l’époque où la mélatonine n’était pas permise au Canada. Maintenant que la mélatonine est régie par Santé Canada, seules les molécules pures de synthèse sont disponibles. Est-ce qu’on essaie, à l’aide d’informations erronées, de nous faire peur avec le spectre de la vache folle?
Cet article n’en est pas un d’information, c’est un tissu d’opinions non fondées. C’est ce qu’il est convenu d’appeler de la désinformation. Lorsque je tombe sur un texte comme celui-ci, je me demande toujours d’où il vient. À qui sert-il, s’il ne sert pas à donner l’heure juste? Cet article est écrit et révisé par Le monde est ailleurs, équipe multidisciplinaire en santé. Le monde est ailleurs regroupe entre autres des professionnels de la santé orthodoxes dirigés par Jean-François Chicoine et Rémi Baril (http://www.meanomadis.com/Content/credo/show_equipe.asp).
Sans vouloir nier son expertise en adoption internationale, il est clair que M. Chicoine est contre tout ce qui touche de près ou de loin aux produits naturels et qu’il n’y connaît rien. Chaque fois que j’ai entendu cet homme sur les tribunes médiatiques, j’ai reçu un message qui va à l’encontre de tout ce que je prône. Il semble bien que, pour lui, il n’y ait point de salut hors de la médecine. Tout le reste n’est pas prouvé! Il ne nous reste plus qu’à mettre notre santé dans les mains des médecins (et vlan la prise en charge de sa santé par l’individu). Et la liberté de choix dans tout ça?
JYD
D’autres informations sur la mélatonine et sur sa forme retard sont accessibles sur Dormir comme un loir… les produits.
Références:
1. Tremblay, Marie-Christine. Mélatonine, hormone de la nuit. Service-vie.com, 28 janvier 2008 http://www.servicevie.com/sante/hormones-et-metabolisme/melatonine-hormone-de-la-nuit/a/641
2. Buscemi N, Vandermeer B, Pandya R, Hooton N, Tjosvold L, Hartling L, Baker G, Vohra S, Klassen T. Melatonin for treatment of sleep disorders. Evid Rep Technol Assess (Summ). 2004 Nov;(108):1-7. (texte complet disponible en suivant le lien Evidence based practice)
3. Altun A. Ugur-Altun B. Melatonin: therapeutic and clinical utilization. Int J Clin Pract, May 2007, 61, 5, 835–845
Classé sous: Sommeil • Suppléments
Commentaires (224)
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Bonjour M Dionne
Je lis régulièrement vos chroniques. Merci pour la “tonne” d’informations que vous nous procurez.
Ma question concernant la mélatonine : j’ai lu que quelqu’un qui prend des bétas bloquants ne devrait pas utiliser la mélatonine. Je remarque un inconfort certain au niveau du cardio après avoir pris 2½ mg de mélatonine… Dois-je m’inquiéter et cesser d’en prendre ou si je peux passer outre à ces symptômes ? Je suis à la recherche d’un somnifère naturel pour m’aider à terminer mes nuits…car je fais maintenant de l’insomnie de fin de cycle : un facteur qui s’ajoute aux “plaisirs” de l’âge d’or.
Merci
[Répondre]
je veux arrêté de prendre mon apo-alpraz ts 2mg pour prendre de la mélatonine
[Répondre]
JYD répond:
19 janvier 2012 à 15 h 09 min
Bonjour Martin,
Pourquoi pas ?
C’est à essayer. Donnez-vous quelques jours pour juger de l’effet. Vous pouvez aussi réduire l’alprazolam de moitié pour la première ou les 2 première semaines avant de le cesser complètement.
Santé!
[Répondre]
je vous remercie beaucoup
[Répondre]
Bonsoir,
maman d’un petit garçon porteur du syndrome de Smith Magenis, et bien que non médecin, je peux vous apporter des précisions concernant la mélatonine ainsi que l’usage de beta bloquant associé.
Les enfants SMS ont une inversion totale du cycle du sommeil, ils produisent à midi le pic de mélatonine que toute personne normale porduit à minuit. C’est une découverte française qui a moins de 10 ans ! Le traitement trouvé suite à cette découverte est : la prise de mélatonine (6mg) la nuit au premier réveil ou celle du circadin(mélatonine en libération prolongée) en début de nuit ; associée à la prise de béta-bloquant (Sectral) le matin pour empêcher la sécrétion de la mélatonine dans la journée. Voilà, c’est dit et c’est reconnu mondialement.
Je voudrais ajouter que la mélatonine est de plus en plus préscrite aux enfants ayant des troubles du sommeil et ce avec succès. Aucune accoutumance, pas de sensation d’abrutissement au réveil…on est loin des effets secondaires des sommnifères !
[Répondre]