L’engouement pour l’huile de coco est-il fondé?

L’huile de coco a connu un regain de popularité depuis quelques années. On lui attribue de nombreuses propriétés. Reste à savoir si cette popularité est basée sur des effets réels ou sur une stratégie marketing servant à mousser la consommation du produit…

La principale caractéristique de l’huile de coco est sa concentration en acides gras saturés. Depuis toujours (ou presque), les diététistes nous recommandent de réduire notre consommation de gras saturés.(1) C’est une recommandation légitime, mais seulement jusqu’à un certain point. À mon avis, les organismes officiels, dans une volonté de protection du public, se rendent coupable de généralisation extrême (voir à ce sujet La guerre au cholestérol et aux gras saturés et Les gras: un peu, beaucoup ou pas du tout?). Depuis plusieurs années, on s’aperçoit que le groupe des gras est très complexe et qu’il est réducteur de parler des gras saturés comme une classe monolithique. De quel type de gras saturé s’agit-il? Quelle est la longueur de la chaine des gras? Comment sont-ils métabolisés? Est-ce que ces gras sont cuits, oxydés, rancis? L’engouement pour l’huile de coco découle probablement d’une volonté de voir plus loin que ces généralisations.

Gras saturé, dis-moi combien tu contiens d’atomes de carbone.

Dans l’huile de coco, les molécules de gras saturés sont beaucoup plus courtes que dans la viande ou le beurre. Elles ne contiennent que 12 atomes de carbone, tandis que les gras animaux en contiennent de 16 à 18. Est-il possible que cette différence fasse de l’huile de coco un meilleur aliment pour nous? Voyez ce que disent les recherches qui ont évalués les effets de l’huile de coco.

Ce qu’en disent les recherches

Huile de coco vs huile de soya

En 2009, un groupe de chercheurs a comparé un supplément d’huile de coco à la même quantité d’huile de soya.(2) Ils ont recruté 40 femmes de 20 à 40 ans ayant un surplus de poids abdominal (tour de taille: 88cm ou plus). Durant 12 semaines, ces femmes ont suivi un programme de marche de 50 minutes par jour et une diète hypocalorique incluant 50ml d’huile de coco ou de soya. Le groupe huile de coco a vue son taux de bon cholestérol (HDL) augmenter et son rapport LDL sur HDL diminuer. De plus, le tour de taille a aussi diminué de 1,4 cm en moyenne. Par contre, le groupe huile de soya a vu son LDL augmenter, son HDL diminuer et son tour de taille augmenter malgré la diète hypocalorique. Un fait à noter, l’huile de soya utilisée (voir tableau) comportait 51% d’oméga 6 et aucun oméga 3, alors qu’habituellement, l’huile de soya contient environ 7% d’oméga 3.

Tableau 1 – Composition en acide gras (%) (2)

Acide gras (carbones)

Huile de soya

Huile de coco

Acide laurique (12:0)

0,0

49,0

Acide myristique (14:0)

0,1

17,5

Acide palmitique (16:0)

10,3

9,0

Acide stéarique (18:0)

3,8

3,0

Acide oléique (18:1 n-9)

22,8

5,0

Acide linoléique (18:2 n-6)

51,0

1,8

Total

100,0

100,0

Signification des chiffres entre parenthèses12:0, par exemple, signifie 12 atomes de carbones, 0 liaisons doubles (donc un acide gras saturé); n-9 = oméga 9; n-6 = oméga 6.

Huile de coco et profil lipidique

Une autre étude a porté sur la consommation habituelle d’huile de coco chez des femmes des Philippines. 1,839 femmes ont répondu à un questionnaire et ont subi des prises de sang. Chez les femmes qui consomment du coco de façon régulière, le profil lipidique est meilleur que chez celles qui n’en consomment pas.(3)

Conclusion

Il y a donc un certain fondement à l’engouement pour cette huile. Personnellement, l’huile de coco n’est pas un premier choix dans ma cuisine … mais pour le goût, ça vaut le détour. :-)

Références:

1. Cunningham E. Is there science to support claims for coconut oil? J Am Diet Assoc. 2011 May;111(5):786. PubMed PMID: 21515127.

2. Assunção ML, Ferreira HS, dos Santos AF, Cabral CR Jr, Florêncio TM. Effects of dietary coconut oil on the biochemical and anthropometric profiles of women presenting abdominal obesity. Lipids. 2009 Jul;44(7):593-601. PubMed PMID: 19437058.

3. Feranil AB, Duazo PL, Kuzawa CW, Adair LS. Coconut oil is associated with a beneficial lipid profile in pre-menopausal women in the Philippines. Asia Pac J Clin Nutr. 2011;20(2):190-5. PubMed PMID: 21669587.

photo : Nicolai Schäfer

18 réflexions au sujet de « L’engouement pour l’huile de coco est-il fondé? »

  1. Pierre Larose

    J’ai lu quelque part que l’huile de noix de coco pouvait réduire la goutte. J’ai essayé. Les douleurs au gros orteil sont totalement mais totalement disparues!

    Cinq à dix ml 4 ou 5 fois par semaine suffisent!

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  2. L. Desbiens

    J’ai trouvé intéressant votre article sur l’huile de coco. L’acide laurique semble très efficace pour le colon irritable.
    Je l’utilise dans les macarons et la noix de coco.
    Après avoir essayé Métamucil,bénéfibre etc.
    c’est la seule chose qui m’a soulagé.
    C’est cet hiver en Floride que j’ai découvert que les américains utilisaient les ¨macaroons¨¸ contre la diarrhée, le colon irritable et même la maladie de Crohn.
    Jusqu’à mon retour je me demandais pourquoi cela fonctionnait, mes recherches m’ont conduit à l’acide laurique. Très efficace.

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  3. thaise labelle

    J’ai 86 ans et suite a une chute en ski il y a plusieurs annees et je sens la jambe gauche du genou au pied avec la sensation comme gelée et mon pied est un peu paralysé et je ne peux pas le lever mais quelques foios je tombe car mon pied ne suis pas que me conseillez -vous de prendre pour ameliorer mon etat .Est-ce que prendre l’huile de coco pourrait m’aider.Merci de votre attention,en attente de votre reponse
    Thaise

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  4. Philippe

    Votre collègue Naturapathe américain Mercola est très favorable à cette huile, pour entre autre les caractéristiques antibactériennes de l’acide laurique. Idéale pour la cuisson, la plus stable, donc la moins toxique à la cuisson.

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  5. beauté

    L’huile de coco est pour usage externe seulement. Elle convient à tous les types de peau, mais plus particulièrement aux peaux très sensibles. On doit l’utiliser avec parcimonie sur les peaux grasses.

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    1. JYD Auteur de l’article

      Bonjour Beauté :-)
      L’huile de coco est un aliment consommé dans plusieurs régions du monde. Par contre, je suis d’accord avec votre mise en garde pour les peaux grasses. L’engouement des différentes huiles pour la peau, que ce soit l’huile de coco, le beurre de karité ou n’importe quelle autre, ne s’applique pas vraiment pour une personne à la peau grasse. Ces corps gras supplémentaires sont particulièrement inconfortables. J’en sais quelque chose. :-)
      Santé!

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      1. emanuelle

        Bonjour M. Dyonne,

        Les huiles végétales n’ont pas toutes le même profil ni les mêmes vertus en externe comme en interne. Je conseille depuis des années avec succès à certaines personnes souffrant d’acné et de peaux grasses d’utiliser de l’huile de jojoba, qui est techniquement une cire. Elle semble au contraire jouer un rôle sébo-régulateur à terme….

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  6. sergio

    Mon aisne gauche portait les stigmates d’une ancienne brûlure profonde, une croûte hideuse genre peau de crocodile. Ayant lu « Coconut Cures » du Dr Bruce FIFE, j’ai entamé un traitement de longue haleine, consistant à appliquer un peu d’huile de coco vierge une fois par jour. Dès le premier mois la croûte a commencé à s’attendrir. Le deuxième mois elle s’est franchement adoucie. Un mois de plus et ma peau a retrouvé son aspect normal! Un détail: j’avais alors 60 ans. Depuis, je ne consomme plus que de l’huile de coco, en espérant qu’elle fasse autant de bien à mes organes internes qu’à mon épiderme!

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  7. Lucie picard

    Bonjour,

    J’ai la maladie hashimoto, la cystitie intersticielle et la sensibilite au gluten (colon irritable) . Je suis le régime hypotoxique et depuis mon cholesterol est très bas, ldl bas et hdl très haut en dehors des normes. Dois-je augmenter mes gras saturés afin de tenter d’avoir des taux plus normaux?

    Merci

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  8. Jean-Pierre

    Bonjour Jean-Yves. J’ai fait une recherche sur ton site mais je n’ai pas trouvé la réponse à ma question. J’ai compris que l’huile de coco, même si riche en gras saturés pouvait être bonne pour la santé en raison possiblement de sa structure chimique. Mais qu’en est-il de la noix de coco elle-même et du lait de coco ? Tous deux sont riches en gras et particulièrement en gras saturés. Mais est-il logique et correct de faire un lien avec l’huile de coco et de considérer qu’ils peuvent être bons pour la santé lorsque consommés raisonnablement ou sont-ils plutôt à éviter ?

    Merci de m’aider à y voir clair et ainsi pouvoir manger ces aliments sans remords !

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    1. Jean-Yves Dionne Auteur de l’article

      Bonjour Jean-Pierre
      C’est l’usage de l’huile de coco qui a mis la puce à l’oreille à savoir que les gras saturés ne sont pas les grand méchant comme on nous l’endoctrine depuis 70 ans.
      Plus c’est brute, mieux c’est. Donc oui, la noix de coco ou le lait de coco, attention au contenu en sucre de certains produits. S’il est complet sans ajout, c’est parfait.
      C’est bon et pas de danger pour la santé!

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  9. Nadia

    Bonjour,
    J’ai lu que l’huile de noix de coco aide le cerveau et le systeme nerveux ( je suis anxieuse et j’ai des étourdissements )
    Puis l’utiliser même si je souffre d’une fibrose hépatique due à une hépatite c ( j’ai suivi un ttt contre l’hépatite c et je suis guérie)
    Merci

    Répondre
    1. Jean-Yves Dionne Auteur de l’article

      Bonjour Nadia
      Je ne mettrais pas trop d’espoir sur l’huile de coco et l’anxiété. L,huile de coco, en association avec une diète très pauvre en sucre (cétogénique) semble aider les dégénérescences neurologiques comme l’Alzheimer. Mais je n’ai rien lu à propos de l’anxiété. J’essaierais les huiles de poisson (oméga 3) avant.
      Santé!

      Répondre
  10. Alexanto56

    Bonjour,
    j’ai vu dans certains articles que les mamelons d’une maman allaitante pouvait être enduits d’huile de noix de coco pour éviter les petits désagréments provoqués par la succion de bébé qui lui-même en retirait des bénéfices pour son confort digestif. Ma petite-fille âgées de bientôt 2 mois aurait des coliques du nouveau né ; elle se tord de douleurs et pleure beaucoup, outre le fait qu’elle boit vite et avale de l’air. Elle a également eu du muguet. L’huile de noix de coco est bonne aussi pour le développement du cerveau et l’acuité visuelle du bébé……. Je vous demande donc si lui donner de l’huile de coco (une demi cc) serait bon pour son cas ou simplement enduire le mamelon de temps en temps ?
    Merci.

    Répondre
    1. Jean-Yves Dionne Auteur de l’article

      Bonjour Alexanto
      Je ne sais pas où vous avez pris que l’huile de coco était bonne pour le cerveau de bébé. C’est un bon gras, certes mais de là a dire que c’est bon pour le développement du cerveau de bébé… je ne franchirais pas ce pas.
      Pour protéger l’aréole sans danger pour bébé, oui, certainement.
      Les effets que vous mentionnez « développement du cerveau et l’acuité visuelle du bébé », ce sont les omégas 3 de poisson qui ont ces effets.
      Pour le muguet, le violet de gentiane fonctionne bien (ça tache mais c’est rapide et sans danger)
      Les probiotiques (pour vous et sur le sein) sont la meilleure façon d’empêcher qu’il revienne.
      Santé!

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