Douleur chronique et pleine conscience

La douleur aigüe est un signal d’alarme qui nous avertit que quelque chose ne va pas. Elle a généralement une cause identifiable: déplacement d’une vertèbre, spasme musculaire, stress, voire hernie discale. Par contre, quand la douleur est chronique, quand elle ne part plus, son rôle d’avertisseur n’est plus pertinent et d’autres facteurs entrent en ligne de compte. L’exemple du mal de dos est typique. Après un certain temps, après les traitements, la cause de la douleur aigüe peut disparaitre sans que douleur elle-même ne se dissipe. La douleur chronique peut aussi s’installer lorsqu’il y a une lésion irréparable.

Médicaments pour la douleur chronique

Lorsque la douleur est chronique, les médicaments utilisés pour la douleur aigüe ne fonctionnent plus. Les anti-inflammatoires et analgésiques ne soulagent plus, ou très peu. Souvent, les médecins prescrivent alors des médicaments de la classe des antidépresseurs (amitryptiline) ou certains antiépileptiques (Lyrica™ ou prégabaline). Ce ne sont pas des analgésiques au sens propre, comme l’aspirine ou la morphine (beaucoup plus puissante), mais ils sont utilisés pour leur capacité à « éloigner » la sensation de douleur.

Diminuer la perception de la douleur, avec ou sans médicaments

Le problème, c’est que les médicaments prescrits ne règlent rien. La douleur chronique devient plus endurable, mais elle est toujours présente et les personnes affectées sont handicapées par cette douleur. C’est pourquoi d’autres approches sont souvent recommandées. Les thérapies cognitives comportementales sont des approches psychologiques qui ont pour but d’enseigner à l’esprit d’autres comportements, d’autres réactions. Le plus gros problème de ces approches est souvent la perception du malade. Il se dit souvent: «Je ne suis pas fou. Ce n’est pas dans ma tête. J’ai vraiment mal!» Et il a raison! Ce n’est pas une douleur inventée. Par contre, ces approches donnent des résultats très intéressants pour diminuer la perception de la douleur, avec ou sans médicament.

Une étude sur les approches douces

C’est justement le sujet d’une étude publiée dans le Journal de l’association médicale américaine JAMA, le 22 mars 2016. Dans cette étude, on a combiné les traitements médicaux classiques pour le mal de dos avec la méditation pleine conscience et une forme de yoga douce, ou avec une thérapie cognitivo-comportementale. 342 personnes ont participé à l’étude durant un an. Un tiers des participants a suivi seulement le traitement médical classique, un tiers l’a combiné avec la pleine conscience et le dernier tiers l’a combiné avec la thérapie cognitive. Les participants ont été évalués à plusieurs reprises durant le cours de l’étude.

À mi-parcours (26 semaines), la thérapie conventionnelle a procuré un soulagement clinique chez 44,1% des participants. Additionnée à la thérapie cognitive, le soulagement clinique a touché 57,7% des gens et, avec la pleine conscience, 60,5% des gens. De plus, ceux qui ont suivi les thérapies combinées ont eu une amélioration en termes de qualité de vie et de bienêtre psychologique.

Cette étude est particulièrement intéressante parce qu’elle offre une lueur d’espoir aux personnes atteintes de douleurs chroniques. Elle nous montre, une fois de plus, que le corps et l’esprit ne sont pas des entités séparées. Quand on aborde l’être humain dans son ensemble, ce que les américains appellent «Mind and body medicine», on constate son immense capacité d’autoguérison.

Autres approches thérapeutiques

Certaines méthodes thérapeutiques ont aussi des effets sur la douleur. Pensons à l’acuponcture, la chiropratique, l’ostéopathie, etc. Il serait très intéressant de voir des études sur ces différentes approches, combinées ou non avec l’approche médicale. Les outils sont là, disponibles. Il faut par contre se défaire de l’esprit de clocher qui empêche la véritable collaboration. Mais, dès qu’on met la santé des gens en priorité, les fusions thérapeutiques et les résultats deviennent plus qu’impressionnants.

Santé!

Référence:

  1. Cherkin DC, Sherman KJ, Balderson BH, Cook AJ, Anderson ML, Hawkes RJ, Hansen KE, Turner JA. Effect of Mindfulness-Based Stress Reduction vs Cognitive Behavioral Therapy or Usual Care on Back Pain and Functional Limitations in Adults With Chronic Low Back Pain: A Randomized Clinical Trial. JAMA. 2016 Mar 22-29;315(12):1240-9. doi: 10.1001/jama.2016.2323. PubMed PMID: 27002445. http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=2504811

 

13 réflexions au sujet de « Douleur chronique et pleine conscience »

  1. Nicole

    Bonjour,
    Vint années passées j’ai travaillé pour un magasin naturel du temps de D Crisafi en temps qu’ acheteuse, conseillère aux produits naturels.

    Votre article sur la douleur m’interpelle.

    Depuis 5 ans je prends soin de ma mère 95ans qui vient après 5 longues années stressantes d’être acceptée comme résidente.

    Jusqu’à présent elle n’a eu AUCUN problème de santé.

    Récemment j’ai fait appel à un médecin à domicile pour une chute de nuit et des jambes enflées.

    Aux diurétiques prescrits j’ai préféré faire appel à PHYTOMED et un acupuncteur à domicile.

    Je ne connais absolument rien à la médecine conventionnelle.
    Sur les conseils d’un pharmacien pour les douleurs dorsales aiguës j’ai pris ROBAXACET extra fort 2 comp aux 5-6h.
    Par contre ceci ne donne rien sur les douleurs récentes articulaires aux cuisses

    Ma question : à 95 ans y-a-t-il un analgésique plus approprié à donner sur le long terme???

    merci pour l’attention portée à la situation.

    N.B

    Répondre
    1. Jean-Yves Dionne Auteur de l’article

      Bonjour Nicole
      J’ai de la difficulté à vous suivre. Le robaxacet est pour vous ou pour votre mère ?
      Votre mère prend-elle quelque chose actuellement pour la douleur ?
      pour votre mère, selon le type de douleurs, on peut y aller avec plusieurs options. Notamment le saule blanc et le curcuma (attention d’avoir un produit bien absorbé) en phytothérapie
      Le MSM est aussi une option intéressante et sécuritaire.
      Dans les produits pharmaceutiques, l’acétaminophène reste un choix.
      Pour une réponse mieux adaptée, abonnez-vous au forum http://www.jydionne.com/forum/
      Je pourrai échanger avec vous
      Santé!

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  2. Jeanne Comeau

    J’ai des douleurs chroniques depuis 2009 à la suite d’un accident de travail. Le 17 décembre dernier, je rencontrais un neuro-chirurgien pleine d’espoir… je n’avais plus aucune crainte de la chirurgie n’y voyant que soulagement à venir. Mais, mauvaise nouvelle, mon nerf a été écrasé, donc aucune chirurgie ne pourrait m’aider. On voulait me référer à la clinique de la douleur, ce que j’ai refusé. Les médicaments me rendent plus malade qu’ils me soulagent. J’ai testé un comprimé d’amitriptyline à seulement 10 mg, j’en ai eu pour 22 heures à m’en remettre! Je me suis tournée vers les remèdes naturels. On m’a conseillé le Flobax pour le traitement de la douleur. Le lendemain, j’avais le goût de courir un marathon tellement il y avait longtemps que je n’avais pas eu de douleurs comme ça. J’ai même descendu l’escalier en alternant mes jambes, ce que je n’avais pas fait depuis 2009. Je le recommande fortement, la compagnie c’est Medelys et on trouve le produit dans des boutiques d’aliments naturels.

    Répondre
      1. Jeanne Comeau

        Je viens d’apprendre, en lisant la chronique du dernier Covivia, que la vitamine D et le magnésium contribuent à faire réduire les douleurs chroniques. Je peux me passer du Flobax maintenant, mais je prends quotidiennement 5000 unités de vitamine D combinées à de la vitamine K pour meilleure absorption ainsi que du chlorure de magnésium qui était pour réduire mes crampes nocturnes à l’origine. Ça doit sûrement m’aider, car j’ai beaucoup moins de douleur chronique.

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        1. Jean-Yves Dionne Auteur de l’article

          Bonjour Jeanne
          Merci pour votre témoignage. Oui, absolument, en améliorant vos taux sanguins et vos réserves, vous diminuez et l’inflammation et la douleur.
          Santé!

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  3. helene

    allo JY

    super ton article !!!! Je privilégie les 2 dernières approches et oui je peux témoigner que ça fonctionne même durant la phase aigüe et souvent on peut diminuer la médication. Personnellement j’utilise à la fois l’approche d’un psychologue avec la méditation. Même si le corps n’est pas soulagé entièrement, il y a par ricochet un meilleur bien-être mental. Dans ces deux cas on sort gagnant à tous points de vue. Merci, tweety4

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    1. Jean-Yves Dionne Auteur de l’article

      Merci Hélène pour ce témoignage.
      C’est tout à fait vrai que l’esprit peut être « mis de notre côté » par de bonne technique.
      Sant!

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    1. Jean-Yves Dionne Auteur de l’article

      Bonjour Lise
      Ce n’était pas le sujet de cette étude mais certainement, les approches psychologiques comme la pleine conscience donnent des résultats surtout lorsque combinées à d’autres approches comme l’alimentation et certains suppléments.
      Santé!

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  4. Yvan F

    Bonjour JY,
    Très bonne approche pour les douleurs chroniques.
    J’ai été handicappé par une sciatalgie longtemps. J’ai persisté à faire les exercices de relaxation progressive Jacobson et la sciatalgie est guérie. J’ai suivi la formation de MBSR
    ( réduction du stress du Dr. Béliveau ) pour éviter une rechute future.

    J’ai trouvé ce video le site de psychologues de IFTTC sur la douleur chronique
    http://iftcc.com/Video.aspx?id=28

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  5. Seb

    Dans le passé, j’ai mené une étude sur les médecines alternatives. Chiro, ostéo, accu, naturo, bref, je suis allé chez le spécialiste de l’orteil gauche, celui de l’oreille droite, celui du point G, qu’il cherche toujours d’ailleurs, ainsi que chez ceux qui croient tout savoir. J’ai toujours adoré percevoir le fatidique moment de libéralisme où, ils deviennent incompétents. C’est à dire, lorsqu’ils osent sortir de leur domaine de compétence où, lorsqu’ils le sont directement dans leur domaine. C’est à ce moment précis qu’ils deviennent totalement improductifs et nuisibles au patient. Sinon, en générale, ils font un travail sérieux. A chaque séance, je leur ai présenté un Rubik’s Cube. A la fin de chaque séance, chacun faisait une manipulation sur le Rubik’s Cube. 6 ans plus tard, le Rubik’s Cube n’était pas terminé, mais je n’avais plus besoin de leur services. J’avais largement eu le temps d’apprendre et d’expérimenter la biochimie nutritionnelle. Par là suite, j’ai appris en une journée, à acquérir la connaissance permettant de résoudre un Rubik’s Cube, en quelques minutes.

    Santé!

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