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Des suppléments alimentaires pour la femme enceinte?
24 sept 2009 | Commentaires 2
Comme il m’arrive souvent d’avoir des questions sur ce sujet, j’ai pensé vous proposer quelques articles sur les suppléments pertinents et ceux à éviter durant la grossesse. Qu’il soit question de suppléments ou de médicaments, le principe de précaution s’applique avant tout. La grossesse est une période trop importante et les conséquences sont potentiellement trop graves pour consommer quelque produit que ce soit sans d’abord s’informer auprès de professionnels compétents. Certains suppléments sont cependant bénéfiques pour la femme et son bébé. Puisqu’une femme informée en vaut deux (ou peut-être trois, dans ce cas-ci
), j’aimerais vous présenter les principes généraux qui guident l’usage des produits de santé naturels durant la grossesse. Je continuerai avec certains suppléments bénéfiques pour la mère et son enfant.
Plusieurs pistes sont utilisées pour déterminer la sécurité d’un produit durant la grossesse:
· Lorsque la plante est utilisée comme aliment habituel, on considère que le risque est mineur aux doses alimentaires (ail, persil, etc.).
· Certaines classes de substances sont habituellement à éviter:
- Les plantes laxatives stimulantes contenant des anthraquinones (séné, cascara, bourdaine, etc.) sont à éviter à cause du risque potentiel d’action sur la musculature lisse de l’utérus.
- Les huiles essentielles, en usage interne, sont habituellement à éviter.
- Les plantes contenant des alcaloïdes (comme la belladone) et des saponines (comme le tribulus) sont à éviter.
- En règle générale, les amers (hydraste, houblon, etc.) sont une classe de plantes médicinales à éviter.
- Toutes les plantes qui sont traditionnellement utilisées pour leur effet hormonal (actée à grappes noires, vitex, palmier nain, etc.) ou leur effet sur les menstruations (pimbina, actée à grappes bleues, etc.) sont à proscrire.
- Les plantes qui ont un effet sur le temps de saignement (ginkgo, quinquina, dong quai, etc.) sont à éviter durant la grossesse et à proscrire totalement durant le dernier trimestre.
Multivitamines
Il est vrai qu’il y a beaucoup de produits à éviter. Par contre, tout n’est pas mauvais. Certains suppléments ont des effets bénéfiques bien documentés et un risque faible, voire absent. Par exemple, les multivitamines prénatales sont les produits les plus intéressants en terme de prévention générale pour la mère et son enfant. Une étude par une équipe de chercheurs de l’hôpital Sick Children de Toronto(1) (programme Motherisk) a confirmé des effets très positifs mais méconnus de l’usage des multivitamines chez la femme enceinte. Dans cette compilation d’études (méta-analyse), les chercheurs ont notés des réductions importantes de l’incidence de certains cancers chez l’enfant :
- Neuroblastome (un des cancers les plus mortels): réduction de 47%
- Leucémies: réduction de 39%
- Tumeurs au cerveau: réduction de 27%
Les mêmes auteurs publiaient en 2006 une autre étude (2) dans laquelle ils montrent que la consommation d’une multivitamine, et en particulier de l’acide folique, diminue le risque de certaines malformations du fœtus:
- Réduction des malformations du tube neural (spina bifida)
- Réduction des malformations cardiaques
- Réduction des malformations des membres
- Réduction des fentes palatines (bec de lièvre avec ou sans fente palatine)
- Réduction des malformations urinaires
- Réduction des cas d’hydrocéphalie
Durant les années 90, l’apport nutritionnel recommandé d’acide folique est passé de 220mcg par jour à 400mcg pour les hommes et les femmes adultes, à 600mcg pour les femmes enceintes et à 500mcg pour celles qui allaitent.
La vitamine D a aussi des effets bénéfiques puisqu’elle augmente de façon significative le contenu minéral osseux de l’enfant.(3) Son effet le plus singulier en serait un de prévention de la schizophrénie chez les garçons (il semble qu’un faible taux de vitamine D chez la mère soit un facteur de risque).(4) La vitamine D a également un effet sur l’immunité et la prévention du cancer. Des taux élevés de vitamine D circulante sont associés à une réduction du risque de cancers: du colon, du sein, de la prostate et des ovaires.(5) Selon les auteurs de l’étude, les données sont suffisamment importantes pour justifier un apport quotidien de 1000 UI par jour, compte tenu que la toxicité de la vitamine D est pratiquement nulle. Des chercheurs ont aussi mis en évidence un lien entre la consommation de vitamine D et la prévention de la sclérose en plaques et d’autres maladies inflammatoires.(6)
Dans un prochain article, il sera question de la pertinence des huiles de poissons et des feuilles de framboisier durant la grossesse.
Références :
1. Goh YI, Bollano E, Einarson TR, Koren G. Prenatal Multivitamin Supplementation and Rates of Pediatric Cancers: A Meta-Analysis. Clinical Pharmacology & Therapeutics Feb 21, 2007 Epub.
2. Goh YI, Bollano E, Einarson TR, Koren G. Prenatal multivitamin supplementation and rates of congenital anomalies: a meta-analysis. J Obstet Gynaecol Can. 2006 Aug;28(8):680-9.
3. Javaid MK, Crozier SR, Harvey NC, et al. Maternal vitamin D status during pregnancy and childhood bone mass at age 9 years: a longitudinal study. Lancet 2006; 367(9504): 36–43
4. McGrath J, Eyles D, Mowry B, et al. Low maternal vitamin D as a risk factor for schizophrenia: a pilot study using banked sera. Schizophr Res. 2003 Sep 1;63(1-2):73-8.
5. Garland CF Garland FC, Gorham ED, et al. The Role of Vitamin D in Cancer Prevention. Am J Public Health. 2006;96:252-261
6. Cantorna MT. Vitamin D and its role in immunology: Multiple sclerosis, and inflammatory bowel disease. Prog Biophys Mol Biol. 2006 Feb 28; [Epub ahead of print]
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Classé sous: Cancers • Plantes • Vitamines et minéraux
Commentaires (2)
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Bonne mise à jour merci
Et rebelote pour la Vit D….c’est tant mieux et très sécuritaire
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oui, parles-en des o3mega+ svp.
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